Représentation artistique de l’exoplanète K2-290 C — © NASA

Situé à environ 897 années-lumière de la Terre, le système K2-290 présente une particularité rare : les deux planètes le composant orbitent autour d’une étoile principale présentant un sens de rotation inverse à ces dernières.

Un scénario inédit

On supposait autrefois que l’équateur d’une étoile en rotation devait s’aligner sur le plan orbital de ses planètes, étant donné que ces objets célestes proviennent du même nuage moléculaire en rotation. Par conséquent, l’astre devrait tourner dans la même direction que l’orbite des planètes. Mais le système K2-290, se composant de trois étoiles et de deux planètes orbitant autour de l’astre principal (K2-290 A), ne suit pas cette règle.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue PNAS, Simon Albrecht et ses collègues de l’université d’Aarhus (Danemark) ont déterminé que l’axe de rotation de K2-290 A était incliné d’environ 124 degrés par rapport aux orbites des deux planètes, ce qui signifie que l’étoile tourne dans une direction quasi opposée. En comparaison, dans notre Système solaire, l’axe de rotation du Soleil n’est incliné que d’environ 6 degrés par rapport aux orbites des planètes le composant.

Le désalignement ayant cours dans K2-290 a déjà été observé dans d’autres systèmes planétaires, et l’une des principales théories avancées suggère que des turbulences pendant la formation des étoiles pourraient en être à l’origine. Mais K2-290 présente une particularité unique : ses deux planètes orbitent dans le même plan.

Représentation artistique du système K2-290

Cela laisse supposer que quelque chose d’inhabituel s’est produit au début de l’histoire du système planétaire, après que le nuage moléculaire en rotation a évolué pour devenir une étoile entourée d’un disque protoplanétaire, à partir duquel les deux planètes se sont formées.

L’étoile compagnon K2-290 B comme possible « coupable »

« Le fait que ces planètes semblent être coplanaires signifie que ce n’est peut-être pas un mécanisme dynamiquement violent qui les a fait migrer, mais plutôt le disque », commente Chris Watson de l’université de Belfast (Royaume-Uni). « Une grande partie de notre interprétation du désalignement de l’orbite suppose que le disque planétaire était aligné avec l’étoile en premier lieu. Il faut donc se pencher sur le phénomène à l’origine de leur inclinaison. »

Albrecht et son équipe pensent que le désalignement de l’ensemble du système planétaire serait lié à la présence d’une étoile compagnon – peut-être K2-290 B – qui aurait pu exercer des forces gravitationnelles qui ont fait vaciller le disque.

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