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— Radoslaw Lecyk / Shutterstock.com

De récentes recherches ont conclu qu’un étrange rongeur fouisseur originaire d’Amérique du Nord était techniquement le seul mammifère non humain à « cultiver » sa nourriture. Explications.

Cultivateurs souterrains

Les gaufres à poche passent pratiquement toute leur vie sous terre, creusant de multiples tunnels horizontaux pouvant mesurer jusqu’à 160 mètres de long. Leur régime alimentaire se composant principalement de racines de plantes, auxquelles ils accèdent via ces galeries, des scientifiques de l’université de Floride se sont demandé si la quantité d’énergie dépensée pour les creuser n’excédait pas l’apport fourni par les racines se trouvant sur leur chemin.

Un autre scénario suggère que les racines des plantes percent à travers les parois des tunnels déjà creusés et que les spermophiles y reviennent ponctuellement pour les consommer. Les plantes survivraient à cette perte de longueur réduite et bénéficieraient des nutriments contenus dans les excréments que les rongeurs répandent dans les galeries. Les racines pousseraient davantage et s’étendraient à nouveau dans le tunnel, leur offrant ainsi une nouvelle « récolte ».

Afin de tester cette hypothèse, le professeur Jack Putz et la zoologiste Veronica Selden ont empêché les spermophiles d’accéder à une partie (limitée) des sections de leurs galeries où les racines affleuraient. Détaillées dans la revue Current Biology, ces expériences ont impliqué des barils de près de 200 litres (dont les extrémités avaient été préalablement coupées), qui ont été enfoncés dans le sol autour des plantes.

Un gaufre à poche observé depuis la surface en train de grignoter les racines d’une plante

Des expériences révélatrices

Les racines étant désormais protégées, les scientifiques ont pu mesurer précisément la vitesse à laquelle celles-ci se développaient, ainsi que la quantité d’énergie qu’elles étaient susceptibles de fournir aux rongeurs. Selon leurs calculs, si le fait de consommer régulièrement les racines repoussant dans les tunnels existants donnait aux spermophiles suffisamment d’énergie pour étendre progressivement leurs réseaux de galeries, la quantité offerte par leurs seules homologues découvertes en creusant se révélait largement insuffisante.

« Si l’agriculture exige que des cultures soient plantées, alors les spermophiles ne peuvent être considérés à proprement parler comme des cultivateurs », estime Putz. « Mais cela semble être une définition beaucoup trop étroite pour quiconque a une vision plus horticole dans laquelle les cultures sont soigneusement gérées, comme les arbres fruitiers dans les forêts, mais pas nécessairement plantées. »

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SYVERSON
SYVERSON
28 jours

C’est ce que l’on appelle « manger les pissenlits par la racine ».