Récemment, des chercheurs américains sont parvenus à rendre un robot capable de s’auto-modéliser sans aide extérieure. Il s’agit d’une avancée historique dans le domaine de la robotique, qui ouvre la voie au développement d’une « conscience de soi » chez les robots. Découverte.

 

Une avancée majeure permise par le deep-learning

La conscience de soi permet à l’être humain de s’imaginer ailleurs ou de se projeter en train d’effectuer une action ou une tâche. L’image que nous avons de nous-même est façonnée par nos expériences, et évolue par conséquent au fil de notre vie. Les robots ne sont pas dotés de cette faculté et connaissent généralement leur forme au travers des modèles et simulateurs directement implantés dans leur mémoire par leurs constructeurs, ou par une série longue et laborieuse d’essais et d’erreurs. Mais les travaux prometteurs réalisés par des chercheurs de l’Université de Columbia (États-Unis) et présentés dans la revue Science Robotics pourraient changer la donne.

Les deux scientifiques sont, en effet, parvenus à doter leur robot d’une représentation de lui-même, sans aide extérieure ni connaissance préalable, en ayant recours à la méthode du deep learning. Au départ, le robot (un bras mécanique capable d’effectuer différents mouvements) n’avait aucun indice concernant sa forme. Il s’est donc mis à bouger aléatoirement, afin d’accumuler des données sur une centaine de mouvements qui ont ensuite été compilés et traités par son intelligence artificielle. Résultat : 35 heures d’entraînement se sont révélées suffisantes pour lui permettre de modéliser une image de lui-même, cohérente avec la réalité « à 4 centimètres près ».

Le spectre que vous pouvez observer est la représentation que le robot a fait de lui-même © YouTube

 

« Il est absolument indispensable que les robots apprennent à s’auto-simuler »

Ce qui s’apparente à une capacité de « modélisation de soi » a permis au bras robotique de s’acquitter avec succès d’une tâche complexe, consistant à saisir plusieurs balles avec sa pince et à les placer dans un gobelet. Ainsi, le robot a obtenu un taux de succès de 44 % à cet exercice sans recalibrage, une prouesse qui s’apparente selon Robert Kwiatkowski, auteur principal de l’étude, « au fait d’essayer d’attraper un verre d’eau les yeux fermés pour un humain ». Les chercheurs ont ensuite testé les capacités d’auto-modélisation du robot en remplaçant une partie de son bras par une pièce déformée, et constaté que le bras robotique réalisait la tâche avec une très faible baisse de performance.

Actuellement, les chercheurs de l’Université Columbia poursuivent leurs travaux, et espèrent que cette technique permettra dans un futur proche aux intelligences artificielles et aux robots de faire preuve de davantage d’autonomie et de souplesse dans la réalisation de leurs tâches. Comme l’a précisé Hod Lipson, auteur principal de l’étude : « Si l’on veut que les robots deviennent un jour indépendants, s’adaptent rapidement à des scénarios non prévus par leurs créateurs, il est absolument indispensable qu’ils apprennent à s’auto-simuler ». Après avoir appris à leur robot à s’auto-modéliser, ils cherchent désormais à le rendre capable de modéliser son « esprit ».

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