Rhéa et Saturne — Media Whalestock / Shutterstock.com

Lors de son survol des satellites naturels de Saturne en 2017, Cassini avait enregistré une étrange et inexplicable baisse du spectre lumineux réfléchi par Rhéa. Les scientifiques pensent aujourd’hui en connaître la raison.

L’hydrazine comme cause la plus probable

L’un des mystères de Rhéa, seconde plus grande lune de Saturne derrière Titan, a peut-être enfin été résolu. Il y a trois ans, la sonde spatiale Cassini avait été amenée à la survoler et à examiner la lumière solaire réfléchie par cette dernière. L’analyse des données collectées a plus tard montré que quelque chose à sa surface semblait absorber une partie du rayonnement dans la gamme ultraviolette du spectre, et il s’est avéré que ce phénomène se produisait également sur d’autres lunes de la sixième planète du Système solaire.

« Lorsque nous avons remarqué cette étrange baisse dans le spectre, nous avons au départ pensé qu’elle pouvait être due à la présence d’une sorte de glace d’eau », explique Amanda Hendrix, du Planetary Science Institute en Californie. « Cette question nous a longtemps taraudés. »

Dans le cadre de travaux présentés dans la revue Science Advances, la chercheuse et ses collègues ont entrepris d’étudier la façon dont la lumière était réfléchie par différents composés chimiques, et en ont identifié deux susceptibles d’expliquer le phénomène observé par la sonde de la NASA sur Rhéa : l’hydrazine, souvent utilisée dans le carburant des fusées, et le chlore.

Bien que l’une ou l’autre de ces substances puisse correspondre aux observations de Cassini, les auteurs de l’étude notent que la composition de Rhéa rend l’hypothèse du chlore peu probable. L’hydrazine, en revanche, pourrait être produite à la suite de réactions entre différents composés chimiques présents à la surface de cette lune glacée, ou avoir été synthétisée dans l’épaisse atmosphère de sa voisine Titan puis transférée à Rhéa sur des périodes géologiques.

Un processus intervenant dans l’ensemble du système de Saturne

« La présence d’hydrazine constitue une explication possible au phénomène observé sur Rhéa, mais il nous reste encore beaucoup de travail afin de comprendre pourquoi celui-ci intervient également sur d’autres lunes », estime Hendrix. « C’est un indice d’un processus qui se produit dans tout le système de Saturne, et probablement ailleurs aussi. »

Si les chercheurs ont indiqué que les propulseurs de Cassini étaient également alimentés par de l’hydrazine, ces derniers n’ont jamais été allumés à proximité de Rhéa. Par conséquent, l’équipe est convaincue qu’elle ne provenait pas de l’engin spatial lui-même.

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