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Des scientifiques australiens ont utilisé des dispositifs de suivi afin d’étudier le comportement de différentes espèces de squales côtiers, et découvert qu’ils chassaient à tour de rôle afin de cohabiter plus harmonieusement.

Des observations surprenantes

Publiées dans la revue Proceedings of the Royal Society B, ces nouvelles recherches montrent que les requins ne sont pas des prédateurs aussi impitoyables que leur réputation le suggère. Les scientifiques de l’université australienne de Murdoch se sont concentrés sur six grandes espèces de squales évoluant dans les eaux du golfe du Mexique (requins à pointes noires, requins-taureaux, requins gris, grands requins marteaux…), équipant 172 individus d’accéléromètres afin de suivre leurs déplacements dans le cadre de leurs activités quotidiennes.

Il s’est avéré qu’au lieu de se livrer à une véritable foire d’empoigne pour s’adjuger les ressources disponibles, les différentes espèces cohabitant chassaient à tour de rôle sur une période de 24 heures, ce que l’on appelle le « partage temporel diurne ».

« Nous avons constaté que les requins taureaux étaient plus actifs tôt le matin, les requins-tigres à la mi-journée, les requins gris l’après-midi, les requins à pointes noires le soir et les requins-marteaux festonnés et les grands requins-marteaux la nuit, qui étaient les deux seules espèces dont les pics d’activité se chevauchaient de manière significative », souligne Karissa Lear, co-auteure de l’étude. « À notre connaissance, il s’agit du premier exemple de partage temporel diurne au sein d’une guilde de prédateurs marins. »

Selon l’équipe, une telle routine de chasse assurerait non seulement un meilleur partage des ressources, mais favoriserait également une cohabitation plus pacifique, renforçant la sécurité des squales.

« Il est probable que le moment choisi soit au moins partiellement déterminé par la hiérarchie »

« Cela permettait à la fois de réduire la concurrence pour la nourriture et, pour certaines espèces, de réduire les risques d’être la proie d’espèces plus grandes », explique Adrian Gleiss, auteur principal de l’étude. « Il est probable que le moment choisi soit au moins partiellement déterminé par la hiérarchie, obligeant les prédateurs moins dominants à chercher leur nourriture à des périodes moins optimales pour éviter les grands requins. »

Les comportements de chasse des prédateurs supérieurs, comme les requins, ayant des répercussions sur le comportement des autres espèces marines, ceux-ci jouent par conséquent un rôle essentiel dans le maintien d’écosystèmes sains et équilibrés. L’espoir est que de telles recherches, nous aidant à comprendre la façon dont les ressources sont partagées au sommet de la chaîne alimentaire, puissent éclairer les efforts visant à préserver ces types de milieux.

« Comprendre les mécanismes qui permettent aux prédateurs marins de coexister nous aidera à préserver et à restaurer des écosystèmes marins sains et riches en prédateurs », conclut Lear.

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