chauves-souris
— © Alona Shulenko

Des enregistrements vidéo ont révélé l’étonnante méthode d’accouplement des chauves-souris sérotines, faisant d’elles les premiers mammifères connus à se reproduire sans pénétration.

Sexe étrange

Créatures fascinantes, les chauves-souris sont connues pour leur longévité remarquable en dépit de leur petite taille (certaines espèces vivraient plus de 40 ans) et les aspects surprenants de leur sexualité, avec des femelles capables de stocker la semence du mâle dans leur utérus pendant plusieurs mois et également observées en train de pratiquer des fellations.

Publiés dans la revue Current Biology, de récents travaux menés par Nicolas Fasel, de l’université de Lausanne, et ses collègues ont révélé le mode de reproduction unique de la chauve-souris sérotine (Eptesicus serotinus), espèce répandue dans les forêts d’Europe et d’Asie.

En examinant les vidéos de spécimens nichant dans le grenier d’une église néerlandaise et d’un centre de réhabilitation ukrainien, l’équipe a constaté que les mâles possédaient un sexe disproportionné, pourvu d’une extrémité en forme de coeur. Globalement, sa longueur en érection correspondait à près d’un quart de leur taille et sept fois celle du vagin des femelles.

L’analyse de 97 accouplements filmés d’E. serotinus a montré que ceux-ci n’impliquaient pas de pénétration. Les mâles se contentaient en effet d’utiliser leur membre en érection comme un bras pour écarter la membrane protectrice entourant la vulve des femelles. Couramment observé chez les oiseaux, ce type de reproduction (connue chez ces derniers sous le nom de « baiser cloacal ») n’avait jusqu’à présent jamais été documenté chez un mammifère.

Des étreintes pouvant durer plus de 12 heures

Une fois l’extrémité du pénis du mâle pressée fermement contre la vulve de sa partenaire, les deux chauves-souris restent immobiles dans une longue étreinte, pouvant durer plus de 12 heures.

D’après les auteurs de l’étude, il est probable que d’autres espèces de chauves-souris se reproduisent de cette façon, et que les femelles E. serotinus stockent également la semence de différents mâles dans leur long col de l’utérus.

Il ne s’agit évidemment pas du seul comportement reproductif étrange au sein du monde animal. Les femelles d’une espèce d’insecte brésilienne sont notamment connues pour insérer leur « pénis » dans le « vagin » des mâles.

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