Le premier supermarché inversé de France est un véritable exemple en matière de recyclage

Les habitants de la petite commune de Vayres en Gironde expérimentent depuis presque un an, un nouveau système de déchetterie, unique en France, qui pourrait bien être l’avenir du recyclage.

 

UN SUPERMARCHÉ INVERSÉ

Le 18 mars s’est tenue la première journée mondiale du recyclage sur l’initiative du BIR (Bureau of International Recycling). Une journée qui célèbre les initiatives prises par les états et les communautés pour trouver des solutions durables concernant la gestion de nos déchets. Et on ne peut pas dire que la petite commune de Vayres en Gironde est en marge de cette transition qu’elle juge obligatoire.

Le concept est simple et unique en France : ça s’appelle Smicval Market et ça fonctionne comme un supermarché inversé. Les membres peuvent venir y déposer leurs objets obsolètes et en récupérer d’autres qui leur seront utiles. Remplaçant la sortie familiale Ikea du dimanche, le troc se fait en toute simplicité.

Des compartiments sont réservés à chaque type de produits ou de matériaux. Besoin d’une cafetière ? Rendez-vous au rayon cuisine. Besoin de vis ? Le rayon bricolage vous sauvera la mise. Vous pourrez même trouver le canapé de vos rêves dans le coin décoration !

COMMENT ÇA MARCHE?

Le parcours est conçu de manière totalement pédagogique : lorsque vous entrez dans la décharge, vous êtes accueilli par d’intrigants panneaux qui vous questionnent « objet ou matière ? », « en état ou à recycler ? »… Les agents valoristes du lieu prennent alors le relais et vous guident vers un préau appelé « la maison des objets », sous lequel a lieu le fameux troc.

Muni d’un caddie fourni à l’entrée, vous circulez entre les rayons, vous déposez vos objets inutiles et repartez avec d’autres qui vous inspirent. Vous trouvez également des bacs pour recycler ampoules ou piles usagées, puis vient le préau des matériaux qui recueille les vis, boulons, tuyaux, bois de chauffe, meubles usagés, planches et autres matériaux. Ce qui ne trouve sa place sous aucun de ces préaux finit alors dans une recyclerie.

L’initiative va encore plus loin que la mise en place de ce système de troc puisqu’elle permet d’apporter une nouvelle vision de la gestion des déchets et d’éduquer les citoyens, de leur inculquer l’idée que les objets dont on ne veut plus peuvent avoir une deuxième vie dans un autre foyer. Le supermarché met pour cela à disposition de ses utilisateurs des ateliers éducatifs, destinés à instruire les plus jeunes comme les adultes sur la gestion de leurs vieux objets et sur leur possible réutilisation.

UNE INITIATIVE LOCALE 

Mis en place depuis le 10 avril 2017, le système qui dessert 8 000 à 10 000 usagers locaux a remplacé l’ancienne déchetterie, une décharge à ciel ouvert qui contenait 200 000 tonnes de déchets et prenait régulièrement feu. Lorsque l’administration a refusé d’accorder le permis de construire pour une plus grosse décharge classique, les élus locaux ont eu l’idée de créer ce nouveau système. Plus coûteux qu’une décharge classique ? Oui, mais l’initiative a été soutenue par l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie à hauteur de 240 000 € sur les 1,5 million de coût total.

Pour Alain Marois, président de Smicval, le jeu en vaut largement la chandelle financièrement : « Au départ, on avait calculé qu’on rattraperait le surcoût en 6 ou 7 ans, mais cela va beaucoup plus vite que prévu », note-t-il. « 120 000 tonnes de déchets par an passent par ce site. On amène nos concitoyens dans l’économie circulaire alors que dans une déchetterie classique, une fois qu’on a trié déchets verts et gravats, on n’a plus d’autre solution que le caisson “tout venant” à incinérer ou à enfouir. ». Le président met pourtant en garde, car ce système ne peut pas être reproduit partout.

Vayres a l’avantage d’être situé dans les vignobles, une zone accessible, visible et non génératrice de vandalisme qui permet son application. Cette solution nécessite également un véritable travail d’éducation et de sensibilisation des populations locales, une éducation qui n’est pas facile à appliquer à grande échelle et qui nécessite une prévention locale. Une initiative qui fait du bien et qui rassure en nous prouvant que d’autres alternatives sont possibles.

Souvent, les meilleures initiatives en terme d’écologie sont lancées au niveau local comme nous le prouve le film Demain réalisé par Mélanie Laurent qui fourmille d’idées innovantes pour nous redonner foi en l’avenir.

slogan du Smicval Market

La première recette à l’origine du Coca-Cola était inspirée d’un vin français

— @DailyGeekShow