Suite à la vague de chaleur record s’étant dernièrement abattue sur le cercle arctique, les feux de forêt se sont propagés dans diverses régions du Groenland, de la Sibérie et de l’Alaska, libérant des quantités phénoménales de dioxyde de carbone dans l’air.

Plus de 100 mégatonnes de CO2 libérées depuis juin 2019

Christian Roberts-Olsen / Shutterstock.com

L’Arctique se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète, et après le mois de juin le plus chaud jamais enregistré sur Terre, celui-ci est littéralement ravagé par les flammes. Depuis le début de l’été, plus de 100 feux de forêt massifs ont été répertoriés dans le cercle arctique, libérant des quantités record de CO2 dans l’air : 50 mégatonnes en juin, soit l’équivalent des émissions annuelles d’un pays comme la Suède, et plus de 52 mégatonnes en juillet, alors que le mois n’est pas encore terminé.

L’été 2019 se révèle si exceptionnellement chaud et sec, que même le Groenland, en grande partie recouvert de glace, est frappé depuis plusieurs jours par une vague d’incendies visibles depuis l’espace. Bien que les feux de forêt n’aient rien d’exceptionnel sous ces latitudes durant la période estivale, leur nombre et leur intensité ont connu une hausse drastique ces dernières années en raison du réchauffement climatique. Les niveaux d’émissions de CO2 atteints en 2019 sont si importants que les climatologues qualifient cet épisode de « sans précédent ».

Vue satellite du gigantesque panache de fumée recouvrant la Russie

Un phénomène d’une ampleur et d’une intensité « sans précédent »

Comme l’a expliqué Thomas Smith, spécialiste de l’environnement à la London School of Economics : « Certains des foyers ont ravagé plus de 100 000 hectares. La quantité de dioxyde de carbone émise par ces incendies en juin 2019 est supérieure à la quantité totale de CO2 émise au cours du même mois entre 2010 et 2018. » En seize ans de données satellites, les scientifiques n’avaient jamais assisté à un phénomène d’une telle ampleur, alimentant inévitablement le cercle vicieux du réchauffement global.

La pollution générée est par ailleurs loin d’impacter uniquement le cercle polaire arctique. Selon un rapport de l’Observatoire de la Terre (NASA), les panaches de fumée se propagent à travers toute la Russie, et provoquent une chute importante de la qualité de l’air dans les grandes agglomérations, tandis que le climatologue Santiago Gasso estime qu’un véritable couvercle de fumée s’étendant sur plus de 4,5 millions de kilomètres carrés recouvre actuellement une bonne partie de l’Asie du Nord.

Si rien n’est fait rapidement afin de réduire nos émissions de carbone, le réchauffement de la planète s’accélérera davantage, et ces incendies d’une intensité exceptionnelle deviendront bientôt des phénomènes courants.

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