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À mesure que le changement climatique s’intensifie, les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents, et les températures exceptionnelles récemment enregistrées en Arctique et en Antarctique en constituent un exemple frappant.

Des températures record

En janvier 2020, les scientifiques de la station de recherche Casey, dans l’Antarctique oriental, avaient observé la première vague de chaleur sur le continent, avec des températures de 9,2 °C. Un peu plus tôt ce mois-ci, la température de l’air a atteint un maximum de 5,6 °C, constituant un nouveau record pour le mois de mars, tandis que la station Concordia, située sur le plateau antarctique, a enregistré des températures de -12,2 °C. Se révélant 40 °C supérieures à la moyenne pour le mois de mars, elles constituent également les plus élevées jamais enregistrées, toutes périodes confondues, dans cette région du globe.

Les chercheurs attribuent ces températures extrêmes à un intense système de haute pression ayant apporté de l’air chaud et de l’humidité loin dans les terres antarctiques, combiné à un puissant système de basse pression à l’est et à une couverture nuageuse ayant emprisonné la chaleur sur le continent.

Parallèlement, dans l’Arctique, les scientifiques ont observé des températures extrêmes similaires, avec un maximum de 3,9 °C enregistré dans une station météorologique du cercle polaire, constituant un record pour le mois de mars. La tendance au réchauffement de l’Arctique a des répercussions importantes sur la couverture de glace de mer dans la région, et certains scientifiques ont même déterminé qu’il était récemment entré dans une nouvelle ère climatique.

Une tendance inquiétante

S’il est à ce stade difficile d’imputer entièrement ces événements météorologiques au changement climatique, ils font clairement partie d’une tendance inquiétante. Les deux pôles se réchauffant plus rapidement que le reste de la planète, les scientifiques estiment que les conséquences pourraient être terribles si ces types de vagues de chaleur devenaient récurrents.

« Cela pourrait avoir des effets dévastateurs, en particulier dans les régions côtières de l’Antarctique, où la chaleur serait la plus ressentie, et sur les plates-formes de glace, où la fonte se produirait », souligne Martin Siegert, de l’Imperial College de Londres.

« Dans l’Arctique, les impacts sur la glace de mer et le pergélisol, ainsi que les rétroactions climatiques qui en découlent, sont également significatifs. Si ces événements aujourd’hui inhabituels devenaient réguliers, ils auraient un effet considérable sur les deux régions », conclut-il.

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