adolescente paléolithique
— © Cicero Moraes / Jiri Sindelar / Karel Drbal

S’appuyant sur des logiciels de modélisation 3D et des techniques d’imagerie de pointe, des scientifiques ont récemment pu reconstituer numériquement le visage d’une adolescente du Paléolithique.

Une nouvelle analyse du crâne de Mladeč

En 1881, des archéologues avaient découvert un crâne humain au fond de la grotte de Mladeč, dans ce qui est aujourd’hui la République tchèque. Utilisant des techniques médico-légales limitées, ceux-ci avaient à l’époque estimé son âge à 31 000 ans et conclu qu’il appartenait à un homme. Ils avaient raison pour la datation, mais pas le sexe.

Près d’un siècle et demi plus tard, une équipe de scientifiques a procédé à un nouvel examen du crâne, révélant des détails jusqu’alors inconnus. Ces nouvelles analyses ont notamment montré que le crâne appartenait en fait à une femme de 17 ans ayant vécu il y a entre 43 000 et 26 000 ans, tandis que l’utilisation d’outils 3D avancés a offert une reconstitution détaillée de son visage.

Les chercheurs, parmi lesquels figurent Cicero Moraes, un expert brésilien en graphisme, ont rassemblé toutes les études et données qu’ils ont pu trouver sur Mladeč 1, incluant les mesures originales du crâne ainsi que des descriptions détaillées des fouilles initiales. Une tomographie par ordinateur (technique d’imagerie) a également été réalisée.

adolescente paléolithique
— © Cicero Moraes / Jiri Sindelar / Karel Drbal

Recréer le visage d’une adolescente du Paléolithique

L’absence de mâchoire inférieure a obligé l’équipe à s’appuyer sur un total de 200 tomodensitogrammes d’humains modernes et de crânes exhumés lors de diverses campagnes de fouilles, et à utiliser des méthodes statistiques afin d’établir la forme de cette structure osseuse correspondant le mieux au crâne de Mladeč. Moraes a ensuite appliqué différents marqueurs sur le modèle numérique du crâne, afin de déterminer l’épaisseur des tissus mous (tendons, muscles et peau).

Les données dont disposait l’équipe se révélant insuffisantes pour établir précisément la forme et la taille du nez, ainsi que celles de la bouche, les chercheurs ont importé des tomodensitogrammes de sujets vivants et déformé numériquement leurs os et tissus mous pour qu’ils correspondent au visage à reproduire. « Dans le cas du crâne fossilisé de Mladeč 1, nous avons déformé deux scans CT, l’un d’un homme et l’autre d’une femme, et les deux ont convergé vers un résultat très similaire », détaille Moraes.

Si les fouilles originelles avaient conduit à la mise au jour d’objets en pierre, de pointes d’os et de plusieurs dents, nous ne savons presque rien de cette jeune femme, ce qui rend cette reconstitution 3D détaillée d’autant plus remarquable.

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