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— Guy William / Shutterstock.com

De nouveaux travaux controversés suggèrent d’utiliser des jets militaires afin de pulvériser d’importantes quantités de dioxyde de soufre dans l’atmosphère et ainsi permettre la reconstitution des glaces de l’Arctique et de l’Antarctique.

Recongélation polaire

En raison d’un phénomène sous-estimé connu sous le nom « d’amplification arctique », le pôle Nord se réchauffe désormais quatre fois plus rapidement que le reste du monde. Ces changements ont un impact global sur notre planète, avec la fonte des glaciers du Groenland entraînant une hausse du niveau des mers, et la modification des courants océaniques influençant les tendances climatiques à grande échelle.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Environmental Research Communications, des chercheurs américains ont proposé une approche définitivement surprenante pour contrer les effets du changement climatique : recongeler les pôles Nord et Sud.

Des avions militaires de ravitaillement en vol évoluant à une altitude de 13 km et à une latitude de 60 degrés libèreraient d’importantes quantités de particules microscopiques de dioxyde de soufre afin de réfléchir davantage de rayonnement solaire et ainsi enrayer la fonte des calottes glaciaires. Les auteurs de l’étude prévoient jusqu’à 175 000 vols par an, impliquant également la libération de millions de tonnes de dioxyde de carbone, mais selon eux cela en vaudrait la peine.

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— Michal Balada / Shutterstock.com

« Il s’agit d’aspirine et non de pénicilline, ce n’est pas un substitut à la décarbonisation », explique Wake Smith, de l’université Yale. « En libérant 13 tonnes de particules au bon moment dans l’année au-dessus des régions polaires, le rayonnement solaire serait largement atténué, avec une réduction des températures de surface d’environ 2 °C. »

Des approches controversées

En dépit de l’urgence climatique, le recours à la géo-ingénierie solaire reste largement controversé. De nombreux experts estimant que les émissions de dioxyde de carbone libérées à haute altitude par des avions massifs seraient une idée terrible, et que les rendements agricoles pourraient également être négativement affectés par l’atténuation du rayonnement solaire.

L’an passé, des chercheurs de Harvard avaient proposé de déployer des ballons météorologiques au-dessus du nord de la Suède afin de recueillir des données préliminaires, mais avaient dû abandonner l’idée après avoir rencontré une vive opposition locale.

Selon Smith, le fait que les régions polaires soient extrêmement peu peuplées les rend tout indiquées pour de telles opérations. « Les pôles présentent le rapport bénéfice-risque le plus intéressant, et une baisse globale des températures mondiales profiterait à l’ensemble de l’humanité », conclut le chercheur.

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