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Agir sur les gaz à effet de serre est l’un des éléments clés dans la lutte contre le changement climatique. Dans ce domaine, une nouvelle catastrophe a été observée. Il a en effet été découvert que le pergélisol sibérien dégageait en très grande quantité de l’oxyde nitreux, un gaz à effet de serre qui endommage également la couche d’ozone.

Un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2

En ce qui concerne les gaz à effet de serre (GES), le plus préoccupant et le plus connu reste le dioxyde de carbone. Il est ensuite suivi par le méthane, et ce n’est qu’en troisième position que l’on trouve l’oxyde nitreux (N2O), également appelé protoxyde d’azote, ou « gaz hilarant ». Malgré cette hiérarchie, cela ne signifie nullement que les émissions en oxyde nitreux sont moins importantes. Si les émissions en N2O sont effectivement moins conséquentes en termes de quantité, elles compensent largement en termes de puissance. Comme expliqué par The Conversation, le N2O est 300 fois plus puissant que le CO2.

Autrement dit, l’effet de serre généré par le N2O est 300 fois plus important que ce qui est généré par le CO2. Quant à savoir d’où vient l’oxyde nitreux dans l’atmosphère, les océans et les activités agricoles, notamment les engrais et les déjections, sont ses principales sources. Mais ce ne sont pas les seules sources d’émission de N2O et, récemment, des chercheurs de l’université de Finlande orientale ont découvert que le pergélisol sibérien est également une source importante de ce gaz a effet de serre. Pire encore, les scientifiques ont constaté que ces émissions ne cessent de croître.

Selon l’étude – dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications – ces émissions de N2O proviennent notamment d’un type précis de pergélisol connu sous le nom de Yedoma. Il faut savoir que le pergélisol de Yedoma contient une énorme quantité de matière organique et couvre plus d’un million de kilomètres carrés à travers la Sibérie, l’Alaska et le Canada. En ce qui concerne la manière dont le Yedoma émet de l’oxyde nitreux, cela provient du dégel du pergélisol. Dans la mesure où la production de N2O est principalement due à l’activité microbienne dans le sol, plus la fonte du pergélisol accélère, plus la production du GES par le Yedoma accélère également.

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Un phénomène qui a un impact sur le climat, mais aussi sur l’écosystème local

Pour aboutir à cette conclusion, les scientifiques ont quantifié les émissions d’oxyde nitreux au niveau des berges des rivières Lena et Kolyma en Sibérie orientale. Les scientifiques ont découvert que les émissions de N2O provenant du Yedoma récemment dégelé étaient initialement très faibles, mais ont atteint des taux élevés en moins de 10 ans. Auparavant, on supposait que le cycle de l’azote dans ces sols froids était un processus lent qui n’entraînerait pas d’émissions importantes d’oxyde nitreux, mais il semblerait que cela ne soit plus le cas. En fait, il s’est avéré que le Yedoma émettait entre 10 et 100 fois plus d’oxyde nitreux que ce que l’on observe normalement au niveau des autres pergélisols.

Bien évidemment, un tel phénomène a un impact sur le climat, mais aussi sur l’environnement direct entourant le pergélisol. « La libération d’azote provenant du dégel du pergélisol peut améliorer considérablement la disponibilité de l’azote dans les écosystèmes arctiques, ce qui, en plus de la rétroaction climatique directe sous la forme d’oxyde nitreux, peut avoir des conséquences importantes sur la fixation du carbone par les plantes et l’eutrophisation des systèmes aquatiques », a expliqué Maija Marushchak, auteure principale de l’étude, dans un communiqué. Pour l’instant, les chercheurs n’ont pas encore pu évaluer avec exactitude l’ampleur du problème, mais des études devraient être menées sur le sujet.

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