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RDC : le paradoxe d’un pays aux terres immenses, mais toujours dépendant de ses minerais

Sous les pieds de la République démocratique du Congo dorment cobalt, cuivre et coltan. Mais à la surface, un autre trésor attend son heure : des terres immenses, une forêt planétaire, une puissance agricole presque intacte. Et si le vrai futur du pays ne se trouvait pas sous terre ?

Agriculteur congolais debout dans un champ fertile de manioc et de maïs, face à une vaste forêt tropicale au coucher du soleil.
En République démocratique du Congo, l’agriculture et les terres fertiles pourraient devenir un moteur d’avenir aussi stratégique que les ressources minières – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Des terres arables immenses qui pourraient transformer l’agriculture congolaise

Sur une carte, la RDC ressemble à un continent dans le continent. Elle compterait environ 80 millions d’hectares arables. Pourtant, seule une petite partie est cultivée. Ce contraste donne le vertige aux agronomes. D’ailleurs, la FAO et plusieurs experts du développement y voient un immense réservoir agricole africain.

Le paradoxe saute donc aux yeux. L’agriculture fait vivre une grande part de la population, mais la production reste fragile. Elle dépend des routes, des conflits et des investissements. Pourtant, manioc, maïs, riz, café, cacao ou palmier à huile composent une mosaïque agricole capable de peser bien au-delà du pays.

Le bassin du Congo, un réservoir climatique et économique encore sous-valorisé

La RDC abrite une part majeure du bassin du Congo. Selon la Banque mondiale, il s’agit de la deuxième forêt tropicale de la planète après l’Amazonie. Or, ce n’est pas seulement un décor spectaculaire. C’est aussi une machine vivante, qui stocke du carbone, régule les pluies et protège une biodiversité immense.

En 2025, la Banque mondiale estimait la valeur des services rendus par ces forêts à plus de 1 150 milliards de dollars pour 2020. Derrière ce chiffre presque irréel, les bénéfices sont très concrets. On y trouve l’eau, les sols, le climat, la pollinisation, le bois, la nourriture et certaines pharmacopées locales.

Cependant, cette richesse verte reste difficile à convertir en prospérité durable. Les routes manquent. L’exploitation illégale progresse. La pression du charbon de bois pèse aussi sur les villages. Ainsi, la forêt devient à la fois bouclier écologique et ressource de survie, ce qui complique chaque décision politique.

Cobalt, cuivre et coltan captent l’attention au détriment du potentiel agricole

À l’international, la RDC évoque plus souvent le cobalt que le manioc. Ce n’est pas un hasard. Le pays fournit plus de 70 % du cobalt mondial, essentiel aux batteries et aux technologies bas carbone. De plus, le cuivre et le coltan placent Kinshasa au centre des chaînes industrielles modernes.

Pourtant, cette position stratégique a un coût humain et économique. Une partie de la richesse minière échappe aux territoires producteurs. Elle passe par des circuits d’exportation, des contrats déséquilibrés ou la contrebande régionale. Dès lors, le sol congolais semble surtout attirer pour ce qu’il cache, plutôt que pour ce qu’il nourrit.

La RDC peut devenir un pilier alimentaire si elle change de trajectoire

La notion d’« État pivot », défendue par le Club Déméter autour de C.U.B.I.T.A, prend ici tout son sens. Par sa taille, ses ressources et ses fragilités, la RDC peut influencer toute une région. En effet, son avenir pèsera sur l’alimentation, l’énergie et même le climat.

Le défi devient encore plus spectaculaire avec la démographie. Le pays compte aujourd’hui plus de 100 millions d’habitants. Il pourrait approcher, voire dépasser, les 200 millions vers 2050. Par conséquent, nourrir, employer et connecter cette population demandera bien plus qu’une économie centrée sur l’extraction.

L’avenir congolais ne se résume donc pas à choisir entre mine et forêt. Il ne se limite pas non plus à opposer agriculture et industrie. Il faudra plutôt inventer une équation rare : cultiver sans épuiser, extraire sans sacrifier, protéger sans exclure. Peut-être que le vrai trésor de la RDC tient dans cette capacité à réconcilier ce que le monde oppose encore.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

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