
En examinant les vestiges d’un ancien site maya, des archéologues ont découvert et déchiffré une formule mathématique remontant au VIIIe siècle de notre ère, et également identifié son auteur, ce qui constitue une première.
Sak Tahn Waax
Ayant prospéré durant la période classique, entre 250 et 900 de notre ère, ce peuple mésoaméricain était réputé pour ses connaissances mathématiques et astronomiques avancées. Consignées dans des « codex » calendaires, des formules complexes permettaient la mesure du temps et le suivi des corps célestes, mais jusqu’à présent, l’identité des brillants esprits en étant à l’origine restait un mystère.
Lors des fouilles du site de Xultun, dans la jungle guatémaltèque, des chercheurs ont pour la toute première fois pu identifier le nom de l’un d’entre eux : Sak Tahn Waax, que l’on pourrait traduire par « renard à la poitrine blanche ». Datée de 781 de notre ère, cette « signature » accompagnait 52 microtextes mathématiques laissés sur une section de mur recouverte de plâtre.
D’après l’équipe, il s’agissait de l’équivalent de « tableaux blancs », sur lesquels les érudits mayas griffonnaient leurs calculs à mesure qu’ils élaboraient les formules qui figureraient plus tard dans les codex. « On pourrait les comparer aux ébauches d’œuvres fondatrices », estime Franco Rossi, chercheur au MIT et auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Antiquity.
Un examen approfondi a révélé une compréhension profonde des liens entre plusieurs « cycles temporels », notamment le calendrier rituel maya de 260 jours, l’année solaire et la révolution de Vénus autour de notre astre. « L’approche employée pour calculer cette période de 2 920 jours était à la fois unique et ludique », s’enthousiasment les chercheurs, qui ignorent toutefois si ces inscriptions ont été laissées par Sak Tahn Waax lui-même ou l’un de ses disciples.

Site de production de codex
Au sein de la même structure, l’équipe décrit une fresque montrant des scribes, hommes comme femmes, et des représentations de membres de l’élite locale, incluant le souverain de Xultun, Yax We’n Chan K’inich, doté d’une queue de scorpion et d’attributs caractéristiques des divinités mayas liées au vent et au maïs.
« Cela indique clairement que des codex étaient produits dans ce complexe résidentiel de haut rang », explique Rossi.
La plupart de ces assemblages de feuilles ayant été détruits par les prêtres espagnols (seuls quatre ont survécu jusqu’à nos jours), on ignore si la formule mathématique récemment décodée a été consignée dans l’un d’entre eux. Mais la mention de Sak Tahn Waax montre que les anciens érudits et scribes mayas signaient bel et bien leurs travaux.
Précédemment, les plus anciennes preuves du calendrier sacré maya avaient été découvertes dans une pyramide au Guatemala.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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