Si les dinosaures sont très certainement les animaux les plus populaires pour la désextinction, il a existé de nombreuses autres espèces intéressantes qui mériteraient plus de considération. C’est peut-être le cas du rat de l’île Christmas, une espèce disparue que des chercheurs aimeraient faire revivre.

Une étude qui se tourne également vers les limites de la désextinction

Nous ne pouvons le nier, les films Jurassic Park ont grandement alimenté les imaginations en matière de désextinction d’espèces disparues. Étant donné l’influence de cette franchise, l’intérêt du public s’est focalisé sur le fait de faire revivre les dinosaures. Heureusement, les scientifiques ne sont pas du même avis, et certains d’entre eux mènent des études pour ramener à la vie des espèces comme le mammouth ou le tigre de Tasmanie. Certains ont même opté pour des espèces très peu connues, comme le rat de l’île Christmas.

Espèce beaucoup plus récente que les dinosaures, ces rats ont disparu il y a environ 120 ans. Le programme de désextinction du rat de l’île Christmas est un projet qui a été dirigé par Tom Gilbert, un généticien évolutionniste à l’université de Copenhague, au Danemark, qui est lui-même originaire de cette île de l’océan Indien. Pour expliquer ce choix peu conventionnel, il a tout simplement fait valoir que c’était l’expérience qui avait le plus de chance de réussir avec la technologie d’édition génétique actuelle.

Pour l’instant, l’équipe de chercheurs n’a pas encore réussi à mener à bien leur expérience de désextinction, mais leur étude publiée dans la revue Current Biology explique la manière dont cela devrait se passer. Ils y évoquent également les limites de la désextinction pour toutes les espèces, le choix des types d’animaux à ramener à la vie et les dilemmes éthiques liés à de telles expériences. Sur le plan technique, l’un des défis majeurs qui ont été évoqués concerne notamment la difficulté de devoir travailler avec de l’ADN dégradé.  

Une reconstitution du génome réussie, mais incomplète

Pour leur étude, les chercheurs ont utilisé de l’ADN ancien prélevé sur deux échantillons de peau conservés du rat de l’île Christmas. Même si l’extinction de l’espèce est encore assez récente, l’ADN obtenu était loin d’être parfait. Quoi qu’il en soit, il a permis aux scientifiques de découvrir que le rat de l’île Christmas partage une grande majorité de son génome avec des rats vivants cousins de l’espèce disparue : le rat brun de Norvège. Les deux espèces partagent en effet 95 % de leur génome. Autrement dit, le séquençage de l’ADN du rat de l’île Christmas a été une réussite.

Le fait que 5 % du génome restant n’a pas pu être trouvé signifie que l’espèce qui sera potentiellement ramenée à la vie ne ressemblera pas exactement au rat de l’île Christmas qui a disparu il y a plus d’un siècle. Et les scientifiques ont souligné qu’il s’agissait là de la limite du génie génétique dans la désextinction des espèces. « Avec la technologie actuelle, il peut être totalement impossible de récupérer la séquence complète, et il est donc impossible de générer une réplique parfaite du rat de l’île Christmas », a ainsi conclu Tom Gilbert, selon un rapport de SciTechDaily.

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