Ville de Toulouse / Creative Commons

Près d’un mois après l’incendie de Lubrizol à Rouen, et des années après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, l’Association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs, Amaris, publie un « livre blanc » et un dossier de presse inquiétants sur les risques industriels encourus par la population française.

Des moyens de communication « inadaptés »

En effet, selon Amaris, la France est loin d’être assez équipée pour faire face aux incendies et autres risques industriels. La communication entre les différentes collectivités est souvent inadaptée, voire inexistante.

Par exemple, des collectivités riveraines informées par un simple tweet, une heure et demie après. Comme pour l’incendie du SIAAP d’Achères, le 4 juillet. Amaris note aussi un manque de communication entre les différentes unités de gestion de crises, comme le SAMU, les pompiers ou même les hôpitaux.

L’association a précisé que : « L’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen en septembre dernier, tout comme la fuite de mercaptan sur ce même site en 2013, ont mis en évidence que l’émission de messages contradictoires et flous lors d’une crise génère la défiance de la population.« 

Des « moyens d’alerte obsolètes » mis en cause

« A l’heure actuelle, les dispositifs d’alerte s’appuient sur l’utilisation des sirènes et des médias. » Seulement, la sirène n’est pas forcément audible pour tous. Et surtout, nous ne savons pas s’il faut nous enfuir, nous enfermer ou si c’est simplement un exercice. Peut-être faudra-t-il à la France, utiliser le Cell Broadcast, qui permet d’alerter la population d’une zone géographique donnée.

De même, aujourd’hui avec les réseaux sociaux, l’information circule extrêmement rapidement, mais malheureusement pas de la meilleure des façons. Le risque de mouvement de panique est bien présent, et généralement la population se trouve démunie. Et les maires des communes sont très souvent mis au courant en même temps que leurs concitoyens. La communication de crise étant à la charge du préfet.

S’adapter au besoin d’information de la population

Le rapport prend en compte l’étude de six territoires comme la ZIP de Dunkerque, ou encore la ZI de Port-Jérôme. Et les constats d’Amaris et de la Métropole de Lyon sont sans appel. La France n’est pas armée face aux catastrophes industrielles.

C’est ainsi qu’ils recommandent d’accélérer les plans de prévention des risques technologiques, de revoir intégralement la communication et les systèmes d’alerte, et de multiplier les exercices et les mises en situation.


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