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Un prisonnier raconte qu’il a purgé sa peine à perpétuité il y a de cela quatre ans, mais le tribunal refuse de le laisser partir. Il s’agit de Benjamin Schreiber, un homme âgé de 66 ans qui, selon les informations du registre Des Moines, a été reconnu coupable d’avoir tué un homme avec un manche de hache en 1996 et est actuellement détenu dans le pénitencier de l’Etat de l’Iowa.

Alors qu’il a déposé plusieurs requêtes de libération infructueuses, le prisonnier avait joué sa carte maîtresse devant le tribunal du comté de Wapello en 2018 en déclarant que trois ans plus tôt, il avait été réanimé contre son gré et que, ce faisant, sa peine devait être expirée, rapporte The New York Times.

Il se trouve qu’au temps des faits, en mars 2015, Schreiber avait été pris de convulsions et de forte fièvre si bien qu’il dut être hospitalisé. Son mal était apparemment dû à de gros calculs rénaux et une intoxication septique. Le détenu finit par perdre connaissance dans les hôpitaux et cliniques de l’université de l’Iowa si bien que son frère fut mis au courant de la situation. Selon Schreiber, le personnel médical l’a réanimé malgré son ordonnance de non-réanimation consignée dans le dossier du département des services correctionnels de l’Iowa et contre l’avis de son frère. De ce fait, il déclara devant une cour d’appel de l’Iowa que sa mort brève et sa réanimation non souhaitée devraient lui faire s’acquitter de ses obligations envers l’Etat.

Cependant, les juges ont rejeté l’appel de Schreiber, estimant que la décision de la juridiction inférieure avait été soigneusement motivée. La juge Amanda Potterfield a effectivement déclaré que « Schreiber est soit en vie, auquel cas il doit rester en prison, soit il est réellement mort, auquel cas cet appel est sans objet ». Selon la magistrate, le code de l’Etat de l’Iowa ne définissait pas le terme « vie » si bien que les juges lui avaient conféré son sens ordinaire. Par conséquent, Schreiber devait passer le reste de sa vie naturelle en prison.

Par ailleurs, Eve Brensike Primus, professeure de droit pénal à la faculté de droit de l’université du Michigan, a expliqué que si des personnes considérées légalement mortes étaient de nouveau « ressuscitées », cela créerait d’énormes conflits non seulement du point de vue des affaires pénales mais aussi en ce qui concerne les réclamations d’assurance et d’héritage.

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