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Une équipe de chercheurs a récemment découvert que lorsque deux poissons Betta s’affrontent, ceux-ci synchronisent non seulement leurs attaques, mais également l’expression des gènes dans leurs cellules cérébrales.

Un modèle comportemental propre à chaque paire

Les poissons combattants, plus connus sous le nom de poissons Betta, sont tristement célèbres pour leur comportement particulièrement agressif. Dans une nouvelle étude publiée dans la revue PLOS Genetics, des scientifiques de l’université de Kitasato, au Japon, ont découvert que les mouvements de ces créatures se synchronisent lorsqu’ils se battent. Selon eux, chaque paire de combattants présente un modèle comportemental unique, déterminé par l’influence que les poissons exercent l’un sur l’autre.

Employant des tactiques agressives telles que les morsures, les coups et les « clefs de bouche » lorsqu’ils affrontent un adversaire, les poissons Betta arrêtent généralement de se battre après avoir eu l’occasion de jauger les compétences de ce dernier, ce qui leur permet d’éviter de se blesser gravement. Mais il s’avère qu’en plus de modifier leurs actions pour s’adapter au comportement agressif de leur rival, ceux-ci activent ou désactivent également les mêmes gènes dans leurs cellules cérébrales.

En analysant leur activité cérébrale, les chercheurs ont en effet découvert que chaque paire de poissons combattants montrait des changements uniques dans l’expression des gènes liés au transport des ions, à la fonction synaptique, à l’apprentissage et à la mémorisation. Il s’est par ailleurs avéré que plus les combats duraient, plus la synchronisation était forte, ce qui soutient l’idée que ce degré de synchronisation est conditionné par le nombre d’interactions agressives.

D’autres exemples de synchronisation cérébrale chez les mammifères

« Cette étude suggère que des comportements similaires chez des paires d’animaux dans des conditions semblables puissent déclencher des vagues de transcription synchronisées entre les individus, ce qui soutient l’idée que les comportements de combat intègrent des aspects coopératifs au niveau moléculaire », estime Norihiro Okada, biologiste moléculaire à l’université de Kitasato et auteur principal de l’étude.

L’année passée, deux équipes, dont les travaux avaient été publiés dans la revue Cell, avaient également rapporté que les mammifères en interaction synchronisaient leur activité cérébrale. L’une s’était penchée sur la capacité des chauves-souris à éviter les collisions lorsqu’elles volaient dans une pièce sombre, tandis que l’autre avait évalué la dominance chez les souris. Dans les deux études, plus les animaux interagissaient longtemps, plus leur activité cérébrale était synchronisée.

Selon les chercheurs japonais, ce qui se produit chez les poissons combattants pourrait également s’appliquer aux humains. Okada citant notamment une étude menée durant les années 80, ayant montré que les traits du visage des couples mariés qui vivaient ensemble depuis longtemps avaient tendance à se ressembler de plus en plus, ce qui pourrait également signaler une convergence de l’activité des gènes.

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