Reconstruction artistique d’Auroralumina attenboroughii — © F. S. Dunn et al. / Nature 2022

Des chercheurs britanniques ont récemment identifié le plus ancien fossile de prédateur connu à ce jour dans la forêt de Charnwood, dans le Leicestershire. Selon eux, il s’agit d’un probable ancêtre des cnidaires actuels, comprenant les coraux, les anémones et les méduses.

Auroralumina attenboroughii

Cette créature préhistorique vieille de 560 millions d’années mesurant une vingtaine de centimètres de long a été baptisée Auroralumina attenboroughii (la première partie du nom signifiant « lanterne de l’aube » en latin et la seconde faisant référence au célèbre naturaliste britannique David Attenborough).

Possédant une silhouette atypique rappelant un chandelier à deux branches, elle repousse de quelque 20 millions d’années la chronologie connue de la prédation au sein d’un règne animal et constitue probablement le plus ancien exemple d’organisme doté d’un véritable squelette.

A. attenboroughii avait été initialement découvert en 2007 dans une dalle inclinée de limon comportant d’autres fossiles anciens. Selon les auteurs de la nouvelle étude, parue dans la revue Nature Ecology and Evolution, ces animaux ont tous été piégés par une coulée de sédiments et de cendres intervenue au niveau de la bordure sous-marine d’un ancien volcan.

Holotype d’Auroralumina attenboroughii (en haut à gauche), fossilisé aux côtés de Charnia (en bas à droite) et de Bradgatia (en bas à gauche) — © F. S. Dunn et al. / Nature 2022

Les datations réalisées ont montré que l’ensemble de ces créatures vivaient à l’époque de l’Édiacarien (il y a 635 à 538 millions d’années), précédemment directement la plus grande explosion de biodiversité dans l’histoire terrestre, ayant vu l’émergence d’un grand nombre de groupes d’animaux existant toujours aujourd’hui.

Une créature au cycle de vie complexe

Alors que l’on estimait jusqu’à présent que les cnidaires étaient également apparus au Cambrien, l’identification d’Auroralumina indique des origines bien plus anciennes pour cette lignée, caractérisée par l’utilisation de cellules urticantes (généralement réparties le long de grands appendices), pour étourdir et capturer des proies.

Le cycle de vie d’A. attenboroughii, rattaché au sous-groupe des médusozoaires, s’avérait plutôt complexe. Initialement ancré au fond de la mer, où il agitait ses tentacules pour capturer la nourriture à la manière des coraux et des anémones de mer actuels, cet organisme aquatique se détachait vraisemblablement lorsqu’il atteignait sa maturité sexuelle, flottant librement et se reproduisant de façon sexuée.

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