D’après les scientifiques, en 2019, nous sommes en train de vivre dans la période la plus sûre de l’histoire de l’humanité. Si une politique « d’hommes forts » semble marquer un nouveau souffle au sein de nos démocraties, les années 2010 sont plutôt sures pour y vivre. Bien sûr, les dangers existent toujours, mais sous d’autres formes : Donald Trump, des incendies de forêt, les tensions politiques ou encore l’islamisme radical. Ce qui va suivre dans cet article concerne la « pire année de l’histoire », en 536. Non pas à cause de guerres sanglantes ou d’épidémies catastrophiques, mais de phénomènes météorologiques extrêmes. Le Daily Geek Show vous invite à vous plonger dans le contexte de cette année noire dans l’histoire de l’humanité.

 

Un volcan comme origine

Pour comprendre le phénomène dans sa globalité, une petite explication s’impose. Tout d’abord, lorsqu’un volcan entre en éruption, il rejette soufre, bismuth et autres substances d’origines volcaniques dans l’atmosphère. Là, cet ensemble forme un voile obscur compact qui a pour effet de masquer la lumière du soleil, et d’ainsi refroidir la planète.

Une équipe de chercheurs s’est intéressée à ces rejets, qui se sont cristallisés dans la glace. En reliant ces traces chimiques avec nos connaissances des époques antérieures, l’équipe dirigée par Michael Sigl, de l’Université de Berne, a ainsi découvert que presque chaque été exceptionnellement froid des dernières 2500 années a été précédé par une éruption volcanique. Ce lien de cause à effet était connu, mais pas de manière aussi systématique.

Alors, qui est le volcan coupable  ? Personne ne sait vraiment de manière sûre, mais Ilopango, du Salvador, a longtemps été pressentie comme étant l’un des meilleurs candidats. Cette nouvelle étude laisse également penser que l’éruption s’est produite en Islande, car les calottes de glace étudiées en Europe contiennent du verre volcanique, chimiquement similaire aux particules trouvées dans cette zone.

Quel que ce soit le volcan, les conséquences ont été mondiales. Cette catastrophe climatique a déclenché le « petit âge glaciaire de la fin de l’antiquité » et une multitudes de phénomènes terribles dans le monde. Famines, mauvaises récoltes… Ou encore de la neige qui tombe pendant l’été en Chine, des sécheresses au Pérou. En Irlande, les annales gaéliques parlent d’un  « échec du pain entre les années 536 et 539 ».

Procope, historien byzantin vivant au Moyen-Orient à l’époque, a également écrit sur « l’effroi » causé par cette éclipse brumeuse du soleil. Tel une funeste prophétie, les gens suspectaient ce phénomène d’être tout simplement la fin du monde. Le soleil, effacé par une sorte de gaz sombre a ainsi provoqué une longue obscurité dans de nombreuses régions du monde. Procope parlait ainsi en ces mots : « Le soleil a donné sa lumière sans éclat, comme la lune, pendant toute l’année. »

Cette année 536, qui a marqué le début d’un brouillard de 18 mois, a vu ses températures fluctuer. Les températures de l’été 536 ont chuté de 1,5 °C à 2,5 °C, marquant ainsi le début de la décennie la plus froide des 2 300 dernières années.

© Pixabay

 

La pire année de l’Histoire

À l’origine, les chercheurs ne souhaitaient pas se lancer dans ce débat de la pire année de l’Histoire pour l’humanité. Cette question a été soulevée par inadvertance, l’étude cherchait à comprendre comment le système monétaire européen a changé après la chute de l’empire romain d’Occident. Dans la revue Antiquity, il est expliqué que les scientifiques ont analysé les calottes de glace enfouies au fond des Alpes européennes. Ils ont ainsi découvert une multitude d’informations sur les catastrophes naturelles et les changements climatiques au cours des siècles.

Comme conclusion principale, ils ont expliqué que le siècle suivant l’année 536 de notre ère constituait une époque maudite et misérable dans bien des domaines. « C’était le début de l’une des pires périodes pour être en vie, sinon la pire année« , a déclaré Michael McCormick, auteur de l’étude à Harvard.

En lien avec les impacts concrets sur nos agricultures, cette mini période glaciaire a également soulevé de nombreux problèmes sociaux. Des chercheurs estiment ainsi que les effets de l’éruption volcanique de 536 étaient si importants qu’ils ont abattu des empires (ou au moins les ont lourdement bousculés). Le siècle suivant l’éruption volcanique a été effectivement marqué par l’effondrement de l’empire des Sassanides, le déclin de l’empire romain oriental, des bouleversements politiques en Chine ou encore des changements en Eurasie.

En Égypte, la peste bubonique a frappé l’avant-poste de l’Empire romain à Pelusium (Péluse) deux ans plus tard. Ensuite, la pandémie s’est dispersée en Europe de l’Est, ce qui a eu pour conséquence le décès de près de la moitié de la population, et a accéléré la chute de l’Empire.

Ainsi, l’année 1918 marquée par une grippe qui a tué entre 50 millions à 100 millions de personnes, ou 1349, quand la peste noire a anéanti la moitié de l’Europe, ne représentent pas le pire moment pour vivre dans l’Histoire de l’humanité…

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