— Kateryna Kon / Shutterstock.com

De nouvelles recherches menées par des scientifiques finlandais suggèrent que Toxoplasma gondii, parasite sexuellement transmissible dont la moitié de la population mondiale est porteuse, pourrait rendre les personnes qu’il infecte plus attirantes pour le sexe opposé.

T. gondii

S’attaquant au cerveau, T. gondii est connu pour favoriser le développement de divers troubles psychiatriques chez l’Homme, notamment la schizophrénie et les épisodes psychotiques. Des expériences antérieures ayant montré que les rats mâles infectés par ce parasite étaient perçus comme plus attirants sexuellement et plus susceptibles d’être choisis comme partenaires par les femelles non infectées, les chercheurs de l’université de Turku ont cherché à savoir si un phénomène similaire se produisait également chez notre espèce.

Il avait été précédemment suggéré que l’infection par ce parasite pouvait entraîner une augmentation significative des niveaux de testostérone chez les hommes, illustrant la capacité de T. gondii à manipuler un vaste éventail de composés chimiques dans l’organisme d’un hôte, y compris les neurotransmetteurs et les hormones.

« Certains parasites sexuellement transmissibles, comme T. gondii, peuvent produire des changements dans l’apparence et le comportement de l’hôte humain, soit comme un sous-produit de l’infection, soit comme le résultat de la manipulation du parasite pour améliorer ses chances de se propager à de nouveaux hôtes », expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue PeerJ.

Images composites de 10 femmes et hommes infectés par le Toxoplasme (a), et de 10 femmes et hommes non infectés (b) — © Javier I. Borráz-León et al. / PeerJ 2022

Plusieurs recherches ayant établi un lien entre une symétrie faciale élevée et une meilleure santé, des gènes plus forts et une attractivité sexuelle accrue, l’équipe finlandaise a décidé d’examiner le degré de symétrie des traits du visage d’une cohorte de 35 étudiants (22 hommes et 13 femmes) infectés par T. gondii, ainsi que de 178 étudiants non infectés.

Des résultats surprenants

L’équipe a découvert que les participants infectés avaient des visages plus symétriques que leurs homologues non infectés, et que les sujets féminins porteurs du parasite présentaient un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à celui de leurs pairs et avaient également déclaré un plus grand nombre de partenaires sexuels.

Un groupe indépendant de 205 personnes a par ailleurs estimé que les hommes et les femmes infectés étaient plus séduisants et en meilleure santé que les personnes non infectées.

« Il est possible que les interactions apparemment non pathologiques et potentiellement bénéfiques entre T. gondii et certains de ses hôtes intermédiaires, comme les rats et les humains, soient le résultat de stratégies co-évolutives qui profitent, ou du moins ne nuisent pas, à la condition physique de l’hôte », concluent les auteurs.

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