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Des découvertes dans la forêt tropicale africaine contribuent à réécrire l’histoire humaine

Elles repoussent l’occupation des forêts tropicales de 80 000 ans

Homo sapiens
Image d’illustration — Gorodenkoff / Shutterstock.com

De nouvelles datations ont permis d’estimer l’âge d’outils découverts en Afrique de l’Ouest à 150 000 ans, révélant une occupation humaine des forêts tropicales beaucoup plus précoce qu’estimé jusqu’à présent.

Des environnements inhospitaliers

Au fil des décennies, des preuves claires de l’occupation par nos ancêtres d’un vaste éventail d’environnements (reliefs, plaines côtières, toundras, prairies tempérées) ont été identifiées. Si celles-ci illustrent incontestablement leur remarquable capacité d’adaptation, on estimait que les très inhospitalières forêts tropicales (humidité, chaleur, maladies, prédateurs…) n’avaient été « domptées » que tardivement.

Bouleversant cette chronologie, les récentes découvertes sont intervenues à Bété I, site préhistorique ivoirien fouillé depuis les années 1980. Les précédentes tentatives de datation des outils en pierre qu’il abritait s’étant révélées peu concluantes, les chercheurs se sont tournés vers la luminescence stimulée optiquement et la résonance paramagnétique électronique pour estimer l’âge des couches de sédiments desquelles ces artefacts avaient été exhumées.

« Ces techniques de pointe n’étaient pas disponibles il y a trente ou quarante ans », souligne James Blinkhorn, chercheur à l’Institut Max-Planck de géoanthropologie et auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature.

Alors que les plus anciennes preuves avérées de la présence d’Homo sapiens dans les forêts tropicales remontaient respectivement à 18 000 ans en Afrique et 70 000 ans en Asie du Sud-Est, ces nouvelles analyses repoussent l’occupation de ce type d’environnement de 80 000 ans.

Une chronologie complexe

Selon l’équipe, ces nouvelles preuves contribuent à éclairer la chronologie complexe de la dissémination de différentes populations d’H. sapiens dans des régions et habitats distincts.

« Nous devons maintenant nous demander comment l’occupation de nouvelles niches écologiques a affecté la faune et la flore », estime Eleanor Scerri, auteure principale de la nouvelle étude. « Et par extension, à partir de quel moment l’Homme a-t-il commencé à altérer significativement son environnement. »

Fin 2024, des chercheurs avaient annoncé la découverte des plus anciennes preuves de présence humaine en Arctique, vieilles de 39 000 ans.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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