
Lors de l’exploration de champs de cheminées hydrothermales au large de Tokyo, des chercheurs japonais ont prélevé des échantillons de pyrite, ou « or des fous », qui se sont avérés renfermer des quantités insoupçonnées de ce métal précieux.
Or pas si fou
Depuis le navire de recherche Shinsei-maru, l’équipe a déployé un submersible robotisé pour cartographier les fonds marins de la caldeira volcanique du Higashi-Aogashima Knollet. Au cours de son exploration, l’engin a également prélevé des échantillons jusqu’à 700 mètres sous la surface de l’océan Pacifique, dont l’analyse géochimique a révélé une surprise de taille.
S’ils étaient majoritairement constitués de pyrite, un sulfure de fer souvent surnommé « or des fous » en raison de son aspect brillant, des concentrations significatives d’or véritable, ainsi que d’éléments tels que le plomb, le cuivre et l’arsenic, ont été identifiées. Plutôt que de former des pépites, le métal précieux se présentait sous la forme de nanoparticules microscopiques incrustées dans la pyrite, avec des teneurs atteignant jusqu’à 19 231 parties par million.
Cet enrichissement est le fruit d’un processus géologique singulier : réchauffée par le magma du manteau terrestre, l’eau de mer s’infiltrant dans les fissures du fond océanique remonte et jaillit par les fameuses cheminées hydrothermales. Au cours de son voyage dans les entrailles de la Terre, celle-ci se charge d’une multitude d’éléments, incluant l’or.
Jusqu’à présent, on liait largement la présence d’arsenic dans la pyrite à celle d’or. De façon inattendue, les chercheurs japonais ont constaté que les concentrations les plus élevées de ce métal précieux se trouvaient dans les échantillons de pyrite dite « colloforme », à l’aspect bosselé et contenant également des quantités importantes de plomb et/ou de cuivre.

Exploitation minière
Ces récentes détections ont également des implications pour l’exploitation minière à grande échelle des grands fonds marins, qui revêt une importance cruciale pour le Japon, désireux de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine pour son approvisionnement en minéraux essentiels.
Bien que cette stratégie puisse s’avérer avantageuse d’un point de vue économique, comme le rappellent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Scientific Reports, de telles opérations auraient également un impact profond et durable sur la biodiversité.
Précédemment, des paléontologues avaient décrit une nouvelle espèce d’arthropode préhistorique, piégée dans l’or des fous depuis 450 millions d’années.