Si les images de mammifères marins et terrestres ayant péri après avoir confondu nourriture et plastique ont permis de mettre en perspective la gravité de la crise des déchets plastiques, cette nouvelle étude révèle que les oiseaux continentaux sont également concernés.

Un constat accablant

Dans le cadre de cette étude récemment publiée dans la revue Global Change Biology, des scientifiques des universités de Cardiff et d’Exter, en collaboration avec Greenpeace, ont constaté que les oiseaux de rivière britanniques ingurgitaient quotidiennement des centaines de micro-fragments de plastique via les vers et les insectes contaminés qu’ils consomment.

Si de précédents travaux avaient établi que les organismes de la moitié des insectes des rivières du sud du pays de Galles abritaient des microplastiques, il s’agit de la première recherche à mettre en évidence le fait que la pollution plastique puisse remonter la chaine alimentaire dans ce type de milieu, selon la BBC.

« Le fait qu’autant d’insectes de rivière soient contaminés rend la consommation de ces proies polluées par les poissons, oiseaux et autres prédateurs inévitables. Mais c’est la première fois que ce type de transfert via les réseaux alimentaires est clairement démontré chez les animaux de rivière », explique Joseph D’Souza, co-auteur de l’étude.

En examinant les polluants plastiques ingérés par le cincle plongeur (oiseau ayant l’habitude de patauger ou de plonger dans les rivières à la recherche d’insectes aquatiques) via l’analyse de fientes et des boulettes de régurgitation, les chercheurs britanniques ont découvert des micro-fragments de plastique dans environ 50 % des 166 échantillons prélevés sur les adultes et les oisillons de 14 des 15 sites étudiés, et conclu que les représentants de cette espèce ingéraient quotidiennement environ 200 micro-fragments de plastique.

— David W. Leindecker / Shutterstock.com

Quand la pollution plastique menace l’équilibre d’écosystèmes entiers

« Ces oiseaux emblématiques ingèrent des centaines de morceaux de plastique chaque jour et les transmettent également à leurs oisillons », déclare Steve Ormerod, professeur à l’Institut de recherche sur l’eau de l’université de Cardiff. « En presque 40 ans de recherche portant sur les rivières et les cincles plongeurs, je n’aurais jamais imaginé que nos travaux révèleraient un jour que cette espèce serait touchée par ce phénomène. »

En avril dernier, une autre étude, publiée dans la revue Environmental Pollution, avait de son côté révélé que les oiseaux de proie de Floride ingéraient également des centaines de microplastiques, composés de polyester, de polypropylène et de nylon.

Dans le cadre de celle-ci, les chercheurs avaient examiné les dépouilles de 63 volatiles, recueillies par un centre spécialisé et appartenant à huit espèces différentes (faucons, balbuzards, hiboux…), et relevé la présence de microplastiques dans le tractus gastro-intestinal de la totalité d’entre eux.

« Les oiseaux de proie sont des prédateurs supérieurs au sein de l’écosystème. Si leurs populations diminuent ou que leur état de santé se dégrade, cela a un impact profond sur l’ensemble des animaux, organismes et habitats situés en dessous d’eux dans la chaîne alimentaire », avait conclu Julia Carlin, auteure principale de l’étude.

Il y a quelques semaines, une étude menée sur une période de trois décennies avait quant à elle montré que la pollution plastique impactait largement les oiseaux de mer en Antarctique.

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