Sumita Roy Dutta / Creative Commons

Depuis quelques jours, New Delhi fait face à un nuage de pollution qui menace la santé des habitants. Face à ce problème, des mesures ont été prises mais les conseils du gouvernement indien ont été vivement critiqués par les habitants.

Un épisode de pollution hors norme

L’Inde fait face à un problème de pollution atmosphérique particulièrement violent. Depuis quelques jours, un nuage de pollution recouvre le nord et la capitale du pays, New Delhi. Alors que l’OMS (Organisation mondiale pour la santé) recommande de ne pas dépasser les 25 microgrammes de particules fines par mètre cube d’air, les niveaux de pollution mesurés à New Delhi dépassaient les 800. 

« Il y a de la fumée partout et les gens, y compris les jeunes, les enfants et les personnes âgées, ont du mal à respirer », expliquait le chef de l’exécutif local, Arvind Kejriwal, dans une vidéo postée sur Twitter. « Les yeux brûlent. La pollution en est à ce point », ajoutait-il.

Les 20 millions d’habitants de New Delhi respirent donc ce nuage de pollution qui s’infiltre dans les voies respiratoires et les poumons. Une exposition prolongée peut provoquer des cancers des poumons et des maladies cardiovasculaires. Ces épisodes de pollution d’air, très fréquents en Inde, sont dus à la densité de la circulation automobile, aux rejets industriels et aux fumées des brûlis agricoles. Le froid et les vents faibles contribuent à rendre l’air irrespirable. D’après un rapport de l’OMS, publié l’an passé, 14 des 15 villes les plus polluées au monde se trouvent en Inde.

Les écoles fermées et le trafic aérien paralysé

A cause de ce nuage de pollution, les écoles et les chantiers sont fermés pour plusieurs jours. Les autorités distribuent des masques de protection aux écoliers. Plusieurs avions ont dû être détournés de l’aéroport de la capitale vers d’autres aéroports en Inde et des centaines de vols ont été retardés.

La circulation alternée est entrée en vigueur dans la capitale jusqu’au 15 novembre. Les véhicules ne peuvent rouler qu’un jour sur deux en fonction de leur plaque d’immatriculation qui se termine soit par un chiffre pair ou impair. Cependant, les experts restent sceptiques sur l’efficacité de cette mesure.

© France 24/Youtube

Le ministre de la Santé critiqué par les habitants

Alors que la population se plaint de douleurs à la gorge, aux yeux et de difficultés respiratoires, le ministre de la Santé, Harsh Vardhan, conseille : « Manger des carottes apporte à l’organisme de la vitamine A, du potassium et des antioxydants et aide à lutter contre la cécité nocturne, très répandue en Inde. Les carottes aident aussi à combattre d’autres problèmes de santé liés à la pollution. » Le ministre de l’Environnement, quant à lui, a invité les habitants à “débuter leur journée en musique”. Les politiques indiens ne semblent pas comprendre la gravité de la situation et ont été vivement critiqués par les internautes : « Quelle honte, les gens peuvent développer de l’asthme et des cancers parce que vous ne faites rien et voulez que nous mangions des carottes », lui répond par exemple Tarun Shukla.

De plus, les autorités fédérales et locales ne cessent de se rejeter la faute. Le chef de l’exécutif local Arvind Kejriwal affirme que « Delhi est devenue une chambre à gaz, à cause des brûlis dans les Etats voisins ». Le ministre fédéral de l’Environnement, Prakash Javadekar, accuse Arvind Kejriwal de politiser le problème et lui demande d’arrêter de rendre ses voisins responsables de la crise.

En 2017, selon une étude parue dans la revue scientifique The Lancet, la pollution de l’air a provoqué la mort d’1,2 million de personnes en Inde. Que pensez-vous des conseils des politiques indiens ? Pensez-vous que le problème est vraiment pris au sérieux ?

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