cerveau humain
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Une équipe internationale de chercheurs a identifié une nouvelle structure anatomique à l’intérieur du cerveau. Décrite comme un bouclier protecteur, celle-ci fait partie du « système d’élimination des déchets » de l’organe.

La membrane lymphatique sous-arachnoïdienne

Alors que l’on estimait jusqu’à présent que trois membranes séparaient le crâne du cerveau, Maiken Nedergaard, de l’université de Rochester, et ses collègues en ont découvert une quatrième. Située au-dessus de la membrane la plus interne, cette couche de quelques cellules seulement d’épaisseur sépare le liquide céphalo-rachidien (LCR) « frais » du fluide contenant les déchets générés par les cellules cérébrales (notamment les protéines bêta-amyloïde et tau, dont l’accumulation contribuerait au développement de la maladie d’Alzheimer).

Selon les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Science, la découverte tardive de cette « membrane lymphatique sous-arachnoïdienne » s’explique par le fait qu’elle se désintègre lorsque que le cerveau est retiré du crâne dans le cadre d’autopsies, ainsi que son extrême finesse, compliquant largement son observation lors de scans cérébraux de personnes vivantes.

Le tissu a d’abord été identifié chez la souris, grâce à l’utilisation d’une technique de marquage génétique permettant de rendre ses cellules fluorescentes, puis au sein d’échantillons cérébraux humains dissous. Dans les deux cas, la concentration élevée de cellules immunitaires suggère que la nouvelle membrane constituerait également un « centre de surveillance immunologique », sondant le LCR à la recherche de potentiels signes d’infection et d’inflammation.

Schéma montrant l’emplacement de la membrane lymphatique sous-arachnoïdienne (SLYM) — © University of Copenhagen

Une barrière protectrice essentielle

L’équipe a découvert que lorsque la membrane lymphatique sous-arachnoïdienne était rompue, les cellules immunitaires de la moelle osseuse crânienne se répandaient à la surface du cerveau. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les lésions cérébrales traumatiques déclenchent souvent une inflammation prolongée de l’organe et perturbent le flux normal du LCR à travers l’organe ainsi qu’à sa périphérie.

Nedergaard note également que ce type de traumatismes avaient été précédemment liés à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer, renforçant l’idée qu’ils contribuent à fissurer le « bouclier protecteur » cérébral.

« La découverte d’une nouvelle structure anatomique séparant et aidant à contrôler le flux de LCR dans et autour du cerveau nous permet maintenant de mieux comprendre le rôle sophistiqué de ce fluide non seulement dans le transport et l’élimination des déchets du cerveau, mais aussi dans le maintien de ses défenses immunitaires », conclut le chercheur.

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