Alors que le plastique à usage unique devrait disparaître en Europe d’ici 2021, la Nouvelle Calédonie a décidé jeudi 28 décembre de prendre de l’avance sur cette mesure en interdisant progressivement les plastiques à usage unique sur son territoire. Une mesure qu’elle espère voir effective d’ici 2020.

Une mesure en deux temps… plus qu’urgente

« En Nouvelle Calédonie, le plastique est un véritable fléau, on en trouve dans les rivières, les mangroves, les forêts, le lagon… », souligne Cécilia Royer, membre d’une association écologique, Mocamana.

Un avis largement partagé par le Parti Calédonie ensemble qui a déclaré: « Dix ans après avoir inscrit notre lagon au patrimoine mondial de l’Unesco (…), il était urgent d’agir face au fléau que représente pour l’environnement la pollution due aux produits en plastique ».

Ainsi, pour préserver l’intégrité du lagon et de ses environs, le Congrès de Nouvelle Calédonie a pensé la mesure en deux temps: dès le 1 juillet 2019 seront interdits sacs en plastique à usage unique, sacs non biosourcés ainsi que les cabas en plastique réutilisables. Les gobelets, verres, tasses, pailles et coton tiges verront quant eux leur interdiction entrer en vigueur à partir du 1er septembre, et dès le 1er mai  2020, ce sera au tour des barquettes destinées à l’emballage des denrées alimentaires au moment de l’achat ou pour les livraisons d’être ciblées.

Une mesure plus qu’urgente au vu des chiffres : les 286 000 habitants de Nouvelle Calédonie utilisent chaque année à eux seuls 60 millions de sacs en plastique, 40 millions de barquettes et 5 tonnes de pailles. Quant on connaît la beauté sauvage et la nature luxuriante de ce haut lieu de la biodiversité mondiale, on comprend la nécessité de protéger le lagon de l’invasion du plastique.

Une mesure qui ne fait pas l’unanimité

Malgré le caractère évident et urgent de cette mesure, elle divise la classe politique au sein du pays. Le texte a en effet été soutenu par les élus de Calédonie ensemble, parti à l’origine du projet, ainsi que par les indépendantistes. En revanche, les deux groupes affiliés aux Républicains (LR) se sont abstenus.

Plus tard, le rassemblement LR ainsi que les Républicains calédoniens ont manifesté de façon claire leur opposition au projet, dénonçant une loi « rédigée dans l’urgence », qui aurait « négligé la préparation des industriels locaux ».

En octobre dernier, l’autorité locale de la concurrence avait dénoncé le texte, et recommandé la suppression des « mesures protectionnistes » contenues qu’il contenait, jugeant qu’il portait une atteinte « injustifiée, inadaptée et disproportionnée à la libre concurrence ».

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