6 aliments si dangereux que vous pourriez mourir en les mangeant

Voyager, c’est non seulement découvrir les paysages, les coutumes et l’histoire d’un pays mais aussi sa cuisine. Chaque région du monde ayant sa spécialité, barouder permet d’améliorer ses connaissances en matière de nourriture tout en éduquant son palais à de nouveaux mets. Néanmoins, la tâche se complexifie lorsqu’un plat met en danger celui qui le goûte : poissons, épices ou fruits peuvent, s’ils ne sont pas bien préparés, détériorer votre santé. C’est le cas des 6 plats que nous présentons aujourd’hui.

 

fugu-sashimi

LE FUGU

À la fois craint et adulé, le fugu a une drôle de réputation : son goût en fait l’un des mets les plus fins de la cuisine japonaise mais il est aussi capable, en quelques heures, de venir à bout de celui qui le consomme. En effet, seulement 4 à 6 heures lui sont nécessaires pour paralyser un gourmand avec la tétrodotoxine, une neurotoxine présente dans sa peau, ses intestins, son foie et ses ovaires.

Si sa dangerosité est reconnue de tous et puisque son redoutable poison fut le responsable de véritables hécatombes, pourquoi prendre le risque de le consommer ? Son goût évidemment ! La qualité, sa saveur et sa finesse en ont fait une véritable star de la culture japonaise : poèmes et contes l’ont glorifié, procurant une image romantique à ce met capable de délecter avant d’asphyxier.

Comme l’histoire l’a souvent démontré, les capacités mortelles de ce poisson n’ont rien de négligeables : de 1886 à 1979, plus de 70 personnes mourraient chaque année après s’en être régalées et l’année 1958 aura même connu un funeste record avec 289 intoxications dont 176 décès. L’hécatombe a permis d’éveiller les consciences et de bousculer les hautes sphères de l’État : le fugu est dorénavant au centre d’une organisation importante, d’une réglementation stricte encadrant sa pêche et sa préparation.

Ainsi, pour cuisiner du fugu dans l’archipel, un chef doit passer un diplôme d’état. Cette licence, affichée à la vue de tous dans les restaurants japonais, atteste de la capacité du cuisinier à retirer toutes les parties dangereuses du poisson tueur et donc, ses toxines dont l’emplacement varie d’un organe à l’autre selon les espèces. On prend soin de séparer rapidement les viscères de la chair avant d’immédiatement se débarrasser des déchets, destinés à être éliminés chimiquement. 38 espèces de fugu se partagent les eaux des régions japonaises et 22 sont consommables à condition d’être minutieusement préparées.

Une fois cuisiné, le Fugu devient inoffensif et se transforme en délice se dégustant à toutes les sauces : en sashimi, en salade, cuit à la vapeur ou grillé, il s’adapte à tous les goûts. Quand ses fines tranches de chair sont servies à table, ses nageoires sont conservées et destinées à l’élaboration de saké. Il s’agit d’un trésor culinaire nippon adoré par les citoyens de l’archipel : chaque année, ils consomment près de 3 millions de tonnes de ce poisson qui participe à l’activité de tout un secteur économique.


Parmi les êtres humains, on ne reconnaît pleinement l’existence que de ceux qu’on aime

— Simone Weil