Quelles sont les grandes lignes du plan climat de Nicolas Hulot ?

Entre le discours du président lundi à Versailles, et celui du Premier ministre Edouard Philippe mardi, la semaine est marquée par les annonces du gouvernement. Aujourd’hui, c’est le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot qui dévoile officiellement son « plan climat », déjà annoncé dans les engagements du candidat Emmanuel Macron. 

Un plan dans la lignée de l’Accord de Paris

Ce plan du gouvernement doit dessiner la stratégie de la France pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre et traduire en actes la volonté du président de la République de défendre l’accord de Paris. Dans son programme de campagne, le candidat Emmanuel Macron avait déjà annoncé quelques mesures pour le climat, confirmé mardi par le Premier ministre : fin des nouveaux permis d’exploitation d’hydrocarbures, convergence de la fiscalité essence et diesel avant 2022, montée en puissance de la fiscalité sur les émissions de CO2 (« compensation carbone ») et division par deux des déchets mis en décharge d’ici à 2025.

Ce plan climat s’inscrit dans une optique se voulant offensive par rapport aux questions climatiques après le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris. La France souhaite désormais s’affirmer comme le leader de la coopération mondiale contre le changement climatique. Nicolas Hulot devrait donc aujourd’hui préciser ses actions qui vont être mises en place par le gouvernement. Il doit également expliquer en détail comment la France va devenir neutre en carbone d’ici 2050.

Selon BFMTV, le ministre de la Transition écologique annoncerait également l’inscription de la notion de protection du climat dans la Constitution. Une grande nouveauté et une action qui ne se voudrait pas seulement symbolique. Un proche du ministre précise que cet article représentera « un outil irréversible et fort » et qu’il sera un « appui juridique » pour les futures mesures environnementales.

 

La neutralité carbone, une mesure ambitieuse 

C’est l’objectif le plus ambitieux de ce plan « climat » par rapport à l’engagement actuel de la France. La neutralité carbone consiste à ne pas émettre plus de CO2 que ce que nos forêts, sols et océans peuvent absorber. Le gouvernement souhaite diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre. Nicolas Hulot va donc aujourd’hui détailler les leviers d’actions pour atteindre ce but.

Des mesures de qualité de l’air autour des sites industriels devraient être désormais mises en place afin de déterminer s’il y a un danger. La création d’un contrat de transition sera également actée par le ministre. Il prévoit des négociations entre les syndicats et les industriels lorsqu’une usine va fermer, afin de préparer les emplois futurs. WWF France salue l’initiative et la volonté du gouvernement d’améliorer la neutralité carbone. « C’est la première fois que la France s’engage aussi clairement sur un objectif de neutralité carbone en 2050 », a affirmé l’ONG.

Actuellement, les forêts, sols et mers ne peuvent pas absorber toutes les émissions de CO2 produites, sans que cela soit dangereux pour les organismes

Une feuille de route en cohérence avec le gouvernement

Dans son annonce, le ministre de la Transition écologique va aussi confirmer l’élaboration d’un texte qui mettrait fin aux permis de recherche d’hydrocarbures. Cette mesure empêcherait aux industriels d’aller chercher du gaz, du pétrole ou du charbon dans les sous-sols et ainsi ne plus aggraver leur état. C’est une centaine de permis qui sont directement concernés par ce nouveau plan du gouvernement.

En réponse aux discours concernant la convergence diesel/essence d’ici la fin du quinquennat, Nicolas Hulot devrait également préciser le rythme des mesures fiscales sur le diesel. Concernant les transports, on devrait en apprendre plus sur les actions pour améliorer les lignes ferroviaires et réduire la dépense à la route et aux camions. Des actions qui réduiraient donc l’utilisation de voitures, bien souvent polluantes. Il y a derrière une volonté de ne plus utiliser les voitures thermiques d’ici 2040. C’était une des promesses du programme d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.

Enfin, dernier volet, l’agriculture est aussi concernée. Des aides seront mises en place pour s’adapter au réchauffement climatique et aux problèmes de sécheresse. La plupart de ces mesures ont d’ores et déjà reçu l’aval de Matignon, et devraient rapidement être mises en route. Mais d’autres restent encore à trancher, comme la taxe européenne sur les transactions financières. En cause, des questions de budgets trop importants.

Nicolas Hulot va préciser les grandes mesures de son plan climat, dans la lignée de l’Accord de Paris et en accord avec ce qu’a déjà annoncé Édouard Philippe

 

Les ONG attendent du concret

Après avoir été reçues par l’Élysée, les ONG environnementales « rassurées » par les discussions, restent impatientes de pouvoir jauger la détermination présidentielle avec des éléments concrets. CCFD-Terre Solidaire a assuré qu’elles passeraient « au crible » la cohérence de ce plan climat. Benoît Hartmann, du CLER-Réseau pour la transition énergétique, voudrait de son côté « entrer dans le dur, on attend une déclinaison opérationnelle, un calendrier ». « La transition écologique repose largement sur la transition énergétique, il faut donc œuvrer pour réduire les besoins (en énergie) dans plusieurs secteurs : bâtiments, transports, industrie, consommation », affirme-t-il.

Une clarification sur le volet nucléaire et la fermeture nécessaire de certains réacteurs est également attendue. Mais elle ne sera pas forcement présente lors de l’annonce du ministre aujourd’hui. Les ONG et les industriels des énergies renouvelables souhaiteraient donc de réelles mesures pour accélérer le développement de ce secteur essentiel pour la consommation énergétique de demain.

 


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