© Maria Seidenberger / United States Holocaust Memorial Museum

Les chercheurs qui veulent comprendre les origines et l’évolution du génocide nazi se heurtent souvent à des difficultés, notamment lorsqu’ils se penchent sur l’histoire de ses dernières phases. À ce sujet, nous vous proposons aujourd’hui d’en apprendre davantage sur les violences nazies et notamment lorsqu’ils ont assassiné des milliers de personnes en les envoyant dans des marches de la mort forcées.

Un chapitre peu connu de la Seconde Guerre mondiale

Les marches de la mort nazies ont débuté après que les forces soviétiques ont capturé Lublin/Majdanek en juillet 1944, autrement dit la première libération des Alliés d’un important camp de concentration. Par ailleurs, comme les SS n’avaient pas démantelé le camp, les médias occidentaux et soviétiques ont pu utiliser des images du camp ainsi que des interviews de survivants afin de révéler au monde les atrocités nazies.

En réponse à cela, le chef SS Heinrich Himmler a ordonné l’évacuation forcée des prisonniers vers le centre du territoire nazi. En plus de cacher ces camps au monde, le chef SS pensait que cette solution permettrait aux captifs de poursuivre leur travail forcé pour les nazis. Il espérait de surcroît que l’Allemagne aurait la possibilité d’utiliser les détenus en tant qu’otages pour les négociations de paix avec les Alliés.

D’inhumaines et mortelles marches forcées

Les premières évacuations de camps ont eu lieu par train ou bien par bateau de l’hiver 1944 à 1945. Pendant ce temps, les bombardements aériens des Alliés les rendaient presque impossibles, les forçant à poursuivre à pied.

Les gardes SS ont ainsi tiré sur des milliers d’individus ne pouvant pas poursuivre les marches forcées. Nombreux sont ceux à être morts de faim. Comme le précise la page sur l’Holocauste du site du musée juif de Sydney, les SS ont fait défiler environ 60 000 prisonniers d’Auschwitz en janvier 1945, avec plus de 15 000 morts.

Les jours suivants, les gardes ont commencé à faire marcher près de 50 000 prisonniers du camp de Stutthof jusqu’à la côte de la mer Baltique. Plus de la moitié ont trouvé la mort. D’autres ont été forcés de se jeter à l’eau et ont été assassinés à la mitrailleuse. Ces marches se sont poursuivies jusqu’à peu de temps avant la capitulation allemande, le 7 mai 1945, avec des prisonniers de Dachau et Buchenwald forcés de marcher.

L’exposition de la Wiener Holocaust Library de Londres

Afin d’honorer la mémoire des victimes, une exposition sur ces marches forcées est organisée à la Wiener Holocaust Library. Elle documente sur les derniers mois de la campagne génocidaire des nazis contre les juifs d’Europe, lorsque ces marches forcées de la mort ont été organisées.

Intitulée « Death Marches : Evidence and Memory », l’exposition rassemble images, lettres, photographies et autres documents qui offrent de nouvelles perspectives sur la fin de la Seconde Guerre mondiale.

« Les personnes qui ont survécu, les témoins civils qui ont vu ce qui s’est passé et les corps des victimes qui ont été récupérés constituent la base des preuves de ce que nous savons aujourd’hui des marches de la mort », explique la co-commissaire de l’exposition, Christine Schmidt, pour le Jewish Chronicle.

Cette exposition est visible à Londres jusqu’au 27 août. Vous pouvez en avoir un aperçu dans la vidéo ci-dessous.

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