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Pouvant atteindre une hauteur de 6 mètres, les girafes sont les plus grands mammifères terrestres. Si une telle stature les aide à trouver de la nourriture et à repérer les prédateurs, elle implique une mutation génétique qui pourrait permettre de traiter plus efficacement les affections cardiovasculaires chez l’Homme.

S’appuyer sur le génome de la girafe pour mieux soigner les humains

Dans le cadre de travaux présentés dans la revue Science Advances, des chercheurs du Centre d’excellence en évolution et en génétique animales de l’Académie chinoise des sciences ont déterminé que l’un des gènes responsables de la taille impressionnante des girafes, appelé FGFRL1, pouvait constituer un exemple de pléiotropie, lorsqu’un gène produit une série de caractéristiques apparemment sans rapport entre elles.

« La nature pléiotropique de FGFRL1 pourrait être en partie responsable de la longévité évolutive de ces animaux, en dépit d’une foule de problèmes créés par leur physiologie », explique Qiang Qiu, co-auteur de l’étude. « Celui-ci pourrait avoir aidé les girafes à faire face à l’hypertension et les avoir rendues moins vulnérables aux dommages cardiovasculaires. »

Afin d’identifier les mutations génétiques se révélant spécifiques aux girafes, l’équipe a réalisé la cartographie de leur génome, qui a ensuite été comparée à celle d’autres ruminants, incluant les bovins et les okapis. La variante du gène FGFRL1 identifiée a par la suite été injectée à des souris.

Au cours de l’analyse, les rongeurs porteurs de la mutation génétique et ceux du groupe témoin ont tous subi une hypertension induite, et il s’est avéré que les premiers cités étaient globalement en meilleure santé que leurs congénères : ceux-ci présentaient moins de dommages cardiovasculaires et de lésions organiques, et possédaient également une densité osseuse supérieure.

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Des travaux prometteurs

Selon les auteurs de l’étude, ces résultats offrent un aperçu de la base génétique de l’anatomie de la girafe et des adaptations associées, avec des implications particulières concernant le système cardiovasculaire, ce qui pourrait s’avérer utile pour le traitement des maladies associées, notamment l’hypertension, chez l’Homme.

Toutefois, comme le souligne Qiu, « il faut garder à l’esprit que l’effet peut être différent selon les espèces, et qu’il reste donc beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir espérer transposer les résultats obtenus avec les souris chez des sujets humains ». Y parvenir constituera le prochain défi de « taille » pour les chercheurs.

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