Après 2 000 ans de silence, écoutez cette musique envoûtante datant de la Grèce antique

Pour mieux connaître la fascinante histoire de la Grèce antique, les chercheurs se sont longtemps concentrés sur l’analyse des pots, des mosaïques, des statues et des peintures de cette époque. De ces découvertes a découlé une certitude : la musique jouait un rôle prépondérant dans la culture de la société grecque. Après avoir retrouvé des fragments sur lesquels figurait une sorte de partition, des chercheurs ont voulu retranscrire musicalement ce que donnait ce morceau antique.

 

La place primordiale de la musique dans la Grèce antique

La Grèce antique, ce n’est pas que la mythologie, les guerres et la politique. La musique faisait également partie de la société grecque. Entre 750 et 400 avant Jésus-Christ, les Grecs avaient pour habitude de composer des chansons, qu’ils accompagnaient souvent de mélodies jouées à la lyre. L’on jouait ces morceaux lors de funérailles ou de grandes célébrations – des événements populaires, en somme.

Ce qu’il faut également savoir, c’est que la plupart des mythes grecs (l’Odyssée d’Homère, les tragédies de Sophocle et d’Euripide…) étaient à l’origine des chansons ! Pour préserver ces histoires, on les chantait aux jeunes générations. Pour autant, si ces récits ne sont plus chantés, ils ont conservé leurs mélodies de par les fragments archéologiques que l’on trouve encore aujourd’hui.

L’un des vestiges de la Grèce Antique.

 

Une mélodie vieille de plusieurs milliers d’années

Armand d’Angour, musicien et professeur à l’université d’Oxford, est à l’origine de la retranscription d’une mélodie datant de la Grèce Antique. Sur le site de la BBC, il écrit : « Imaginez-vous la situation suivante : dans 2500 ans, seules les paroles des opéras de Verdi et des chansons des Beatles survivront au poids des années. Imaginez également que l’on peut reconstruire ces mélodies, grâce à la redécouverte des instruments qui les jouaient. C’est justement ce qu’il se passe avec les textes de la Grèce antique ».

Le chercheur, accompagné de David Creese de l’université de Newcastle, a réussi l’exploit de rejouer une ancienne mélodie nommée « Seikilos ». Après avoir retrouvé une colonne de marbre vieille de 2000 ans, sur laquelle étaient inscrites des paroles de chansons, les deux chercheurs ont analysé une dizaine de documents datant de 450 avant Jésus-Christ, et remplis d’indications musicales. Elles consistaient à placer des lettres alphabétiques et des signes devant les voyelles de mots grecs. Ainsi, le rythme de la chanson, primordial, a pu être conservé.

Après une longue période de décodage, les deux hommes ont réussi à jouer la mélodie en utilisant un instrument à huit cordes, semblable à une cithare. Une belle mélodie de 2500 ans qui n’a finalement rien perdu de son charme.


Sans progrès, il n’y a pas de paix possible. Sans paix, il n’y a pas de progrès possible

— Kofi Annan