crâne
Image d’illustration — BrkoPhotography / Shutterstock.com

L’examen d’un crâne endommagé, trouvé dans la crypte d’une ancienne église italienne, a permis aux chercheurs de reconstituer la mort particulièrement violente d’un noble italien, il y a plus de 800 ans.

Fin brutale

Découvert dans l’atrium principal de San Biagio, le crâne était celui d’un homme âgé d’une vingtaine d’années, vraisemblablement membre de la riche famille De Cittiglio, propriétaire des terres sur lesquelles l’église avait été construite. À en croire les lésions observées par les chercheurs des universités italiennes de Sienne et d’Insubrie, cette position privilégiée ne lui aurait pas épargné une fin brutale, rivalisant avec celle d’un pauvre fermier suédois.

Les examens physiques, la microscopie numérique tridimensionnelle et les tomodensitométries de l’os peuvent indiquer aux chercheurs la nature d’une blessure, l’angle d’une attaque et même le type d’arme utilisé. Dans ce cas, l’analyse suggère un seul agresseur armé d’une lame métallique tranchante (probablement une épée longue), dont la première attaque (lésion B), perpétrée dans le dos de la victime, n’aurait causé qu’une entaille superficielle au niveau de l’os situé à l’arrière du crâne.

Durant sa fuite, le malheureux aurait reçu un second coup (lésion C), qui aurait arraché son oreille droite, entraînant une hémorragie mineure. Porté alors que la victime était à genoux, le coup final et fatal (lésion A), à l’origine d’une entaille de plusieurs centimètres de profondeur, aurait provoqué des lésions cérébrales et des hémorragies importantes, entraînant quasi instantanément sa mort.

« Le nombre et l’emplacement des lésions perimortem, ainsi que la puissance des coups, montrent l’intentionnalité de l’agresseur et peut-être un certain acharnement », résument les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Archaeological Science : Reports.

Une certaine expérience de la guerre

Les ossements de la victime avaient été exhumés en 2006, mais ce n’est que grâce aux techniques modernes d’analyse que sa triste fin a pu être reconstituée. En l’absence de documents historiques à même de l’éclairer, le contexte de sa mort reste pour l’instant un mystère.

L’examen de son squelette a permis la mise en évidence de signes de pratique régulière du tir à l’arc dès son plus jeune âge, tandis que la présence de marques claires de cicatrisation sur d’autres parties de son crâne (notamment son front), indique que l’homme avait une certaine expérience de la guerre.

Offrant un aperçu précieux des aspects les plus sombres de la vie dans l’Italie médiévale, entre 900 et 1170 de notre ère, ces travaux démontrent également le potentiel des analyses de blessures crâniennes pour reconstituer le scénario de la mort d’individus modernes.

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