Aller au contenu principal

En France, des entraves en fer éclairent l’esclavage chez les Gaulois il y a 2 300 ans

Une facette assez obscure de la culture celte

Image d’illustration — Gorodenkoff / Shutterstock.com

Dans la Sarthe, la découverte de cinq paires d’entraves en fer vieilles de plus de deux millénaires sur un site gaulois apporte un nouvel éclairage sur les pratiques d’asservissement au sein des sociétés celtes.

Une facette méconnue de la culture celte

Fondé au cours du IIIe siècle avant notre ère, le village antique d’Allonnes était situé au carrefour de plusieurs voies de communication majeures. Ces dernières années, ses fouilles ont livré un ensemble impressionnant d’objets métalliques de grande qualité, comprenant épées, pointes de lance, clés et pièces de harnais de cheval. Associé à la découverte des vestiges de petits ateliers, il suggère que le site accueillait des forgerons, chaudronniers, bronzeurs et tôliers.

Les sources historiques grecques et romaines indiquent que les Gaulois asservissaient les prisonniers de guerre, les condamnés et les débiteurs, qui s’acquittaient généralement de tâches agricoles. Considérés comme de simples biens, ces hommes, femmes et enfants pouvaient être vendus, achetés et échangés, mais il subsiste peu de témoignages archéologiques de cette facette assez obscure de la culture celte.

Menées par des équipes de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), les excavations à Allonnes ont également révélé un dispositif de contention à double poignet, de cheville et trois fragments d’autres entraves métalliques. Suggérant « une organisation sociale hiérarchisée composée de groupes dominants et subordonnés », ces découvertes laissent penser que le site ait pu constituer un lieu important du commerce des esclaves à la fin de l’âge du fer (450 à 50 avant notre ère).

Le diamètre réduit des entraves de poignet (environ 6 centimètres) laisse supposer qu’elles étaient destinées à une femme ou un enfant. Pesant plus d’un kilogramme, l’entrave de cheville laisse entrevoir la pénibilité de son port quotidien.

Sanctuaire et offrandes rituelles

Les autres découvertes archéologiques réalisées incluent les vestiges d’un sanctuaire religieux, ainsi que des fragments de textiles, bagues, amulettes et pièces de monnaie dont les dates de frappe couvrent plus de cinq siècles.

Le fait qu’un certain nombre de ces bijoux aient été déformés ou découpés, et qu’environ un tiers des pièces aient été limées, cisaillées ou gravées, indique qu’il s’agissait très probablement d’offrandes rituelles destinées à des divinités celtes. En procédant ainsi, les Gaulois « consacraient » ces objets.

Précédemment, des archéologues avaient mis au jour l’exemple le plus frappant de l’esclavage romain à Pompéi : une boulangerie-prison.

Par Yann Contegat, le

Source: Live Science

Étiquettes: , ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *