Ce mardi 11 février, le président Emmanuel Macron a déclaré qu’il fallait que les personnes handicapées aient “une vie comme les autres et au milieu des autres”. Ils doivent devenir “des citoyens à part entière”, et c’est la raison pour laquelle il a décidé de prendre un ensemble de mesures afin que ces quelque 12 millions de personnes voient leur vie facilitée au sein de la société française. Mais attention, la date qu’il a choisie pour faire cette annonce est loin d’être anodine. En effet, c’est bien le 11 février 2005 qu’une loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », avait été votée; nous étions alors sous le deuxième mandat présidentiel de Jacques Chirac.

LES ENFANTS EN SITUATION DE HANDICAP SERONT MIEUX SCOLARISÉS

Emmanuel Macron a fait ces déclarations au terme de la cinquième conférence nationale du handicap. Selon la loi établie par Chirac en 2005, elle est censée se tenir une fois tous les trois ans. Toutefois, cette année Macron a donné “un relief particulier” à cette conférence en invitant aussi bien des ministres que des représentants associatifs et des personnalités. Lors de cette conférence, il s’est dit très inspiré par “une philosophie radicalement nouvelle”, à savoir celle « où l’on ne considère plus les personnes en situation de handicap comme des figures d’altérité (…) mais comme des citoyens qui ont droit à une vie de dignité, une vie de liberté ».

La première mesure phare proposée par Macron est d’améliorer l’accès à l’école des enfants handicapés. Selon lui, plus aucun enfant ne doit être « sans solution de scolarisation à la rentrée de septembre 2020 ». Cette nouvelle ravit Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, qui déclare que depuis 2017, ils ont “engagé une révolution culturelle pour que la scolarisation des enfants handicapés ne soit plus incantatoire mais bien réelle ». Depuis 2018, le nombre d’enfants handicapés scolarisés s’est accru de 60 000.

Le bilan doit cependant être nuancé dans la mesure où de nombreux points restent à améliorer. Il est en effet très difficile de trouver un accompagnant scolaire pour les enfants handicapés, car le métier manque d’attractivité. Cela crée une pénurie. Emmanuel Macron a donc promis que 11 500 « assistants d’élèves en situation de handicap » supplémentaires seront embauchés d’ici 2022.

Par ailleurs, Macron souhaite introduire un « module handicap dans la formation initiale de professeurs des écoles et des enseignants du secondaire ». Les enfants autistes sont également pris en compte : le chef de l’État s’est engagé à ajouter les 7-12 ans au « forfait diagnostic et intervention précoce » établi en 2019 pour les enfants de 0 à 6 ans. Ainsi, les familles dont le revenu est limité pourront bénéficier de séances avec des psychothérapeutes et des ergothérapeutes qui seront payées par la Sécurité sociale sur une durée d’au moins douze mois.

— David Tadevosian / Shutterstock.com

PLUS DE MOYENS FINANCIERS SERONT ALLOUÉS AUX PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP

Le deuxième point sur lequel Macron souhaite travailler est de « permettre à chacun de vivre une vie digne, une vie libre ». Ce troisième objectif qu’il souhaite mettre en place s’inscrit dans la continuité du droit qu’il a accordé en mars 2019 aux adultes handicapés sous tutelle de se marier, de se pacser ou de divorcer. Il veut que les personnes handicapées puissent avoir le droit d’être “de vrais” parents. C’est la raison pour laquelle les parents handicapés, s’ils ont besoin d’aide pour prodiguer les meilleurs soins à leurs enfants (nous parlons ici par exemple de la prise du biberon, ou du fait de donner le bain ou le repas à son enfant), pourront avoir accès à une aide financière. Cette aide financière sera utilisée pour la réalisation de ces tâches quotidiennes, et sera attribuée à travers la prestation de compensation du handicap, aujourd’hui financée à 70 % par les départements.

L’AAH (allocation adulte handicapé) est financée par l’État à hauteur de 900 euros par mois. Le problème est que pour continuer à en bénéficier, les personnes en situation de handicap irrémédiable doivent justifier de leur infirmité tous les 3 ans. Ce ne sera désormais plus le cas, s’est engagé Macron. De surcroît, le problème de cette allocation est qu’elle met parfois très longtemps à être attribuée : les délais peuvent aller de deux à huit mois. Mais heureusement, ce mardi, un accord a été signé entre l’État et Dominique Bussereau, le président  de l’Association des départements de France, afin que « aucune demande d’AAH » ne soit « traitée en plus de trois mois ». 

Un dernier point reste sensible pour les associations, et notamment celle pour adultes et jeunes handicapés, au sujet de l’AAH : en effet, ces dernières craignent que l’AAH soit “diluée” dans le futur revenu universel d’activités que le gouvernement souhaite créer. Mais le chef de l’État promet que ce ne sera pas le cas, et invite par ailleurs les chefs d’entreprises à embaucher plus de personnes handicapées (les chiffres officiels : 500 000 d’entre elles demeureraient au chômage, ce qui représente une proportion deux fois plus élevée que dans le reste de la population).

L’ÉTAT VA CRÉER UN NUMÉRO UNIQUE ET PLUS DE PLACES EN ÉTABLISSEMENT SPÉCIALISÉ

Finalement, Macron souhaite mettre en place la création d’un numéro unique, qui fera en sorte de ne jamais laisser une personne handicapée, enfant comme adulte, “seule dans la recherche de sa solution”. Ce numéro servira par exemple aux familles d’enfants handicapés qui veulent trouver un accompagnant scolaire, ou une place dans un établissement spécialisé. Ce numéro, le 360, sera mis en ligne le 1er janvier 2021 et il sera possible grâce à lui de contacter « quatre cents communautés d’accompagnement qui se coordonneront pour trouver des solutions ».

Aujourd’hui, près de 6500 adultes et 1500 enfants handicapés sont contraints de se rendre en Belgique pour trouver un établissement spécialisé qui puisse les accueillir, car nous manquons de places en France. Macron a donc promis d’ouvrir mille places en établissement entre 2021 et 2022, qui s’ajoutent aux 2500 déjà prévues actuellement. Il souhaite également créer 2500 places dans des institutions se situant entre le logement classique et l’établissement spécialisé. 

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daniel gougeon
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daniel gougeon

encore de belle paroles mais concretement apres les elections de mars il n aura toujours rien fait c est honteux de se servire des handicapes surtout ceux qui peuvent voter