© . National Oceanic and Atmospheric Administration/Wikimedia commons

Qui n’a pas déjà rêvé d’être immortel ? Ce rêve, vieux comme le monde, a inspiré de nombreux mythes, tels que la pierre philosophale de Nicolas Flamel ou le vampire. Mais saviez-vous qu’il existait un être vivant réellement immortel ? Et qu’il s’agit d’une minuscule méduse ?

En 1857, John McCrady découvre la Turritopsis nutricula, une espèce de méduse de la famille des hydrozoaires capable de transformer ses cellules de l’état de maturité à l’état d’immaturité : en d’autres termes elle est capable de rajeunir. Bien que cette capacité soit extrêmement rare, cette petite méduse n’est néanmoins pas la seule à la posséder puisque c’est également le cas de sa cousine la Turritopsis dohrnii, présente dans les eaux méditerranéennes et découverte par Christian Sommer en 1988. Il faut savoir que la Turritopsis est un type de méduse qui s’est répandue à travers le globe et s’est adaptée à de nombreux habitats, d’où ses différents noms.

Originaire des Caraïbes, la Turritopsis nutricula mesure entre 4 et 5 mm. C’est en 1996 qu’une équipe de chercheurs italiens dirigée par S. Piraino tente d’expliquer le phénomène de rajeunissement au niveau cellulaire de la petite méduse. Celle-ci commence sa vie sous la forme d’un polype (comme le corail ou l’anémone de mer), accroché aux fonds marins. Puis, le polype se transforme en méduse qui se déplace dans les océans avec ses longs tentacules, qui peuvent comprendre jusqu’à une centaine de filaments. 

Après sa maturation et l’accouplement, la Turritopsis nutricula a la possibilité de retourner au stade primitif de polype. Ce processus appelé transdifférenciation lui permet de reconfigurer ses cellules défaillantes en cellules neuves, et ainsi d’inverser le processus de vieillissement. Cela se produit également lorsqu’elle se trouve dans une situation défavorable, comme le stress ou le manque de nourriture. En 2011, Shin Kubota, un chercheur en biologie marine à l’université de Kyoto a observé le rajeunissement de la Turritopsis nutricula 10 fois de suite ! Un véritable record !

Cette immortalité commence cependant à poser problème puisque la Turritopsis nutricula prolifère anormalement dans les eaux du monde. Elle s’adapte à son nouvel environnement : ainsi, elle arbore 8 tentacules dans les eaux tropicales, tandis qu’elle en cumule 24 ou plus dans les régions tempérées. Déjà discrète par sa petite taille, elle change en plus de morphologie en fonction de l’endroit où elle se trouve. Cela inquiète les scientifiques qui parlent “d’invasion mondiale silencieuse” et cherchent les causes de son expansion.

L’immortalité n’est peut-être pas une bonne chose, surtout pour l’Homme et sa nature à s’étendre. Qu’en pensez-vous ?

Cycle biologique d’une méduse © Matthias Jacob Schleiden / Wikimedia Commons

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