Turritopsis dohrnii : le secret de l’immortalité viendra-t-il d’une méduse ?

Turritopsis dohrnii : le secret de l’immortalité viendra-t-il d’une méduse ?

Cette minuscule méduse qui voyage dans les ballasts des cargos détient le secret de l’immortalité. Cet animal est capable d’inverser son processus de vieillissement après avoir atteint sa maturité sexuelle. Découverte.

Depuis la nuit des temps, le mythe de l’immortalité, cette capacité à vivre pour toujours, fascine l’humanité. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, les biologistes marins ont découvert une minuscule méduse transparente capable de se régénérer et de rajeunir à l’infini : La Turritopsis dohrnii.

Les incroyables particularités des méduses

LES MÉDUSES N’ONT NI CERVEAU NI CŒUR

Les méduses sont des créatures particulières à bien des égards. Tout d’abord, elles n’ont ni cerveau ni cœur, et disposent d’une seule et même ouverture pour se nourrir et déféquer (vous l’aurez compris, les méduses mangent par l’anus).

De plus, elles se révèlent être des nageuses hors-pair qui dépensent bien moins d’énergie dans ce processus que toute autre créature océanique, en chassant l’eau à l’opposé de la direction qu’elles suivent, tandis que les poissons la chassent latéralement à l’aide de leurs nageoires.

LA MÉDUSE EST PROPULSÉE A LA FOIS PAR SUCCION ET POUSSÉE

Pour ce faire, la méduse contracte sa cloche, ce qui a pour effet de créer un tourbillon annulaire de basse pression, tandis qu’une région de haute pression se forme sous l’animal. En d’autres termes : la méduse est propulsée à la fois par succion et par poussée.

Mais les particularités des méduses ne s’arrêtent pas là : l’une de leurs représentantes, officiellement nommée Turritopsis dhornii, est aussi une créature immortelle, et cette dernière emploie une technique fort efficace pour coloniser les océans.

Le cycle de reproduction de la méduse immortelle

Un navire cargo en train de vider ses ballasts

LA MÉDUSE IMMORTELLE VOYAGE DANS LES BALLASTS DES CARGOS

Non contente d’être éternelle, notre méduse originaire de la Méditerranée voyage en première classe en étant happée dans les ballasts des cargos lorsqu’ils se remplissent d’eau, avant d’être rejetée dans un autre port lorsqu’ils se vident. Ainsi, la méduse optimise ses chances de rencontrer d’autres méduses immortelles du sexe opposé.

L’évolution de la méduse, de la larve au spécimen adulte

La fécondation est externe pour les méduses. Mâle et femelle libèrent spermatozoïdes et ovules qui se dispersent dans l’océan, et les œufs fécondés vont ensuite se transformer en minuscules larves : les planulas. Ces larves vont ensuite se fixer sur un rocher au fond de l’océan afin de poursuivre leur développement.

Les larves changent ensuite complètement de forme et se transforment en polypes très ramifiés. Quelques jours plus tard, de minuscules méduses d’environ un millimètre de diamètre se détachent de l’extrémité du polype et écument les océans.

Après deux semaines, nos minuscules méduses deviennent mâles et femelles et sont désormais prêtes à procréer. Elles mesurent maintenant cinq millimètres de diamètre, se nourrissent de plancton, de minuscules mollusques, de larves et d’œufs de poisson.

Une capacité de régénération sans égal

Notre fameuse méduse immortelle, la Turritopsis dohrnii

LA MÉDUSE FAIT FACE À UNE SITUATION CRITIQUE

En réalité, le processus d’immortalité de la méduse Turritopsis dohrnii intervient lorsqu’elle fait face à une situation critique : attaque, manque de nourriture, ou fort stress environnemental. Elle se transforme alors en minuscule forme gélatineuse, avant de revenir à l’état de polype en l’espace de trois jours.

Si l’incroyable capacité de régénération de cette méduse fait d’elle la meilleure candidate au titre de créature immortelle, elle n’est toutefois pas invulnérable. Ainsi, il n’est pas rare qu’elle finisse dans le gosier d’un poisson… ou aspirée par l’évent d’une centrale nucléaire.

UNE TRANSFORMATION SEMBLABLE À CELLE DE LA CHENILLE

Chaque polype est génétiquement identique à la méduse d’origine, qui ne meurt pas vraiment, puisqu’elle vit désormais dans un corps tout neuf. Une transformation assez semblable à celle de la chenille en papillon… ou du poulet qui se transformerait en œuf.

Il s’agit en fait d’une forme avancée de régénération qui rapproche cette méduse de l’immortalité en lui permettant d’inverser son processus de vieillissement après qu’elle ait atteint sa maturité sexuelle. Percer ses secrets pourrait permettre à la médecine une avancée sans précédent.

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Sans progrès, il n’y a pas de paix possible. Sans paix, il n’y a pas de progrès possible

— Kofi Annan