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Si les mantes religieuses femelles sont connues pour immobiliser et cannibaliser leurs compagnons pendant ou après l’acte reproducteur, il s’avère que certains mâles attaquent également et que l’issue du combat conditionne la réussite de l’accouplement.

Une stratégie vitale pour les mâles

Le cannibalisme sexuel est courant chez les mantes religieuses. En général, la femelle est l’agresseur, ce qui incite les mâles à s’approcher de cette dernière avec une extrême prudence lors de l’accouplement. Mais de nouvelles recherches menées par Nathan Burke et Gregory Holwell, de l’université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, révèlent que certains mâles se battent également et blessent parfois gravement les femelles afin de tenter de s’accoupler et éviter d’être dévorés.

Dans le cadre de travaux présentés dans la revue Biology Letters, les deux scientifiques ont étudié 52 couples de Miomantis caffra, espèce originaire d’Afrique du Sud, sur une période de 24 heures. Au cours des douze premières heures, ceux-ci ont étudié attentivement les insectes afin de voir quels couples s’affrontaient, et quel individu « remportait » le combat. Il s’est avéré que plus de la moitié des duos de mantes religieuses s’étaient battus.

« Ces luttes étaient toujours initiées par les mâles, et impliquaient des combats violents où chacun des sexes essayait d’être le premier à immobiliser l’autre », estime Burke. « Cette utilisation de la force chez les mâles était vraisemblablement destinée à pousser les femelles à s’accoupler. »

À l’issue de la période d’observation de 24 heures, Burke et Holwell ont recensé le nombre de paires d’insectes s’étant accouplées ainsi que celles où le mâle avait trouvé la mort. Ce qui leur a permis de constater que le résultat dépendait de l’identité du vainqueur des combats observés au cours des douze premières heures. Si la femelle cannibalisait toujours le mâle quand elle remportait la confrontation, lorsque cette dernière tournait à l’avantage du mâle, l’accouplement était le résultat le plus courant.

« Il semble que de nombreuses femelles préfèrent manger le mâle plutôt que de s’accoupler avec lui »

« Il semble que de nombreuses femelles préfèrent manger le mâle plutôt que de s’accoupler avec lui », explique Burke. « Le fait qu’elles ne soient pas pressées de s’accoupler n’a toutefois rien de surprenant, car les femelles Miomantis caffra sont capables de se reproduire de manière asexuée, sans sperme. »

Dans quatre des combats observés par Burke et Holwell, la mante religieuse mâle avait utilisé ses griffes acérées pour frapper la femelle, lui infligeant une blessure ayant entraîné une perte importante d’hémolymphe, équivalent du sang chez les arthropodes. « Le sexe est rarement un acte délicat, mais pour les mantes religieuses, ce jeu peut se révéler mortel », souligne Burke.

Selon William Brown, de l’université d’État de New York, étant donné la structure des membres antérieurs des mâles, conçus pour saisir et retenir des proies, il reste assez étonnant qu’ils n’attaquent pas plus régulièrement les femelles.

En novembre dernier, des chercheurs tchèques avaient documenté un comportement semblable chez les spécimens mâles d’une espèce d’araignée israélienne, attaquant les femelles et utilisant leur soie pour les ligoter avant l’accouplement, afin d’éviter d’être mangés.

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LORS D’UNE RENCONTRE JE CONSEILLE D’ALLER AU RESTAU AVANT DE COUCHER.