Représentation artistique de waewaeroa — © Simone Giovanardi

De récentes analyses ont confirmé que les restes fossilisés mis au jour il y a quinze ans par des écoliers néo-zélandais étaient ceux d’un manchot préhistorique géant, appartenant à une espèce jusqu’alors inconnue.

Un manchot géant à longues pattes

À l’occasion d’une chasse aux fossiles organisée en 2006, un ensemble géant d’ossements de manchot préhistorique avaient été découvert dans la région du Waikato, sur l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Journal of Vertebrate Paleontology, des chercheurs de l’université Massey et du Bruce Museum ont réalisé un scanner haute définition des restes fossilisés, qui avaient été extraits du grès, afin de créer une réplique imprimée en 3D du squelette de la créature.

Mesurant 1,4 mètre de haut, contre 1,2 mètre pour le manchot empereur, plus grande espèce de manchot moderne (actuellement menacée par le changement climatique), waewaeroa (signifiant littéralement longues pattes en langue maori) aurait arpenté notre planète à une époque lointaine où une grande partie du Waikato se trouvait sous les flots, il y a entre 27,3 et 34,6 millions d’années.

Le registre fossile des manchots remonte presque aussi loin que l’âge des dinosaures. Les plus anciens spécimens ont été découverts en Nouvelle-Zélande (partie émergée du continent Zealandia), notamment à Otago et Canterbury, sur l’île du Sud.

Globalement semblable aux manchots géants kairuku décrits pour la première fois à Otago, waewaeroa se distinguait par ses longues pattes qui lui auraient permis de nager plus rapidement, de plonger à des profondeurs supérieures et également de se tenir plus droit que ces derniers lorsqu’il évoluait sur la terre ferme.

« Ce fossile nous rappelle que nous partageons Zealandia avec d’incroyables lignées animales »

« C’est un véritable privilège d’avoir pu participer à la description de cette nouvelle espèce préhistorique », a estimé le Dr Daniel Thomas, auteur principal de l’étude. De son côté, Mike Safey, président du Hamilton Junior Naturalist Club, qui avait organisé la chasse aux fossiles il y a quinze ans, a déclaré que les enfants concernés se souviendrait de cette expérience toute leur vie.

« Ce fossile nous rappelle que nous partageons Zealandia avec d’incroyables lignées animales apparues il y a plusieurs dizaines de millions d’années », ont déclaré les auteurs de l’étude. « Le fait qu’il ait été découvert par des enfants souligne l’importance d’encourager les générations futures à devenir des kaitiaki [gardiens]. »

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