Si l’on en croit les récits des conquistadors espagnols qui ont eu « la chance » de la voir à l’œuvre, le Macuahuitl, à la fois contondant et tranchant, était suffisamment acéré pour décapiter et éviscérer un homme.
Bien que l’on sache assez peu de choses au sujet de cette terrible arme de mêlée, les historiens estiment que le Macuahuitl a été utilisé en Mésoamérique durant l’époque postclassique (900 à 1521 de notre ère). Il s’agissait d’une sorte d’épée faite de bois et longue d’environ 70 centimètres dont les tranches étaient incrustées de lames d’obsidienne, une roche volcanique très prisée par les civilisations précolombiennes, qui l’utilisaient également pour fabriquer des outils.
Cette arme cauchemardesque était principalement utilisée par les guerriers d’élite aztèques, particulièrement craints par les conquistadors espagnols au XVIe siècle. Selon leurs témoignages, quiconque était frappé par celle-ci endurait des souffrances insoutenables.
Lorsque les Espagnols ont été confrontés pour la première fois aux Aztèques, ils ont rapidement pu apprécier son efficacité effarante. Bon nombre de soldats ibériques ont par la suite rapporté à leurs supérieurs que le Macuahuitl était assez puissant pour démembrer un homme.

Si l’on en croit ce récit daté de 1519 et rédigé par un proche du conquistador Hernán Cortés :
« Les Aztèques possèdent d’étranges épées faites de bois. Celles-ci se tiennent à deux mains, et possèdent une garde très courte. Les bords de leur lame sont rainurés, et on trouve à l’intérieur de ces rainures de minuscules fragments de pierre aussi tranchants que la lame d’une épée de Tolède. En une occasion, j’ai vu un indigène affronter un cavalier, et les coups qu’il lui a portés l’ont littéralement éviscéré. Le même jour, j’en ai vu un autre trancher la tête d’un cheval. »
Le Macuahuitl n’était pas une invention aztèque. De nombreuses civilisations anciennes d’Amérique centrale l’utilisaient régulièrement lors de conflits armés, et dans le cadre de sacrifices humains, visant à apaiser la colère des dieux.
De ce fait, le Macuahuitl était également utilisé pour mutiler sévèrement un homme sans nécessairement le tuer. Christophe Colomb lui-même aurait été si impressionné par ses propriétés qu’il en aurait ramené un en Espagne afin que les forgerons du roi l’étudient.

En 2009, l’archéologue mexicain Alfonso A. Garduno Arzave a mené diverses expériences afin de s’assurer que les récits au sujet de l’arme étaient fondés, et les résultats qu’il a obtenus l’ont largement confirmé.
À cette occasion, il a également découvert que le Macuahuitl avait deux utilités principales : les parties émoussées de l’arme permettaient d’assommer un futur sacrifié, tandis que les morceaux d’obsidienne (pouvant mesurer quelques centimètres de long) se révélaient assez tranchants pour blesser mortellement l’ennemi.
« Quand elle est suffisamment travaillée, l’obsidienne se révèle plus coupante que le verre, ce qui implique que les guerriers utilisant le Macuahuitl étaient à même de trancher facilement un bras ou une jambe en effectuant un simple mouvement circulaire », expliquait à l’époque Garduno Arzave. « Le malheureux se vidait de son sang et mourait généralement dans les minutes qui suivaient. Dans le cas contraire, il était offert en sacrifice aux dieux. »

Malheureusement, aucun Macuahuitl n’a pu être conservé jusqu’à nos jours, le seul modèle original connu ayant été réduit en cendres lors de l’incendie ayant ravagé l’armurerie royale d’Espagne en 1849. Néanmoins, certains passionnés sont parvenus à le recréer en se basant sur les illustrations et dessins trouvés dans des livres datant du XVIe siècle, comptant parmi les rares témoignages historiques de cette arme redoutable.
Pour aller plus loin, découvrez également l’Ulfberht, cette épée surpuissante utilisée par les Vikings qui fascine scientifiques et archéologues.