— © Antoine-François Callet / Wikimedia Commons

Louis XVI a régné dix-huit ans durant, entre 1774 et 1792 (dont un peu plus d’un an en tant que “roi des Français” et non pas “roi de France”). Ce roi de France, figure controversée, était loin de l’image que lui ont donnée de nombreux films comme Marie-Antoinette de Sofia Coppola, le représentant comme un benêt naif et irrésolu. Ce roi Louis XVI était en réalité cultivé et ne s’opposait pas aux idées des Lumières. Mais sa passion, plus ou moins cachée, reste l’un des éléments les plus étonnants de son règne : il s’agit de la serrurerie.

Il peut nous sembler que l’activité de la serrurerie soit une activité peu conforme à l’image que l’on se fait d’un roi ; mais elle était bien l’activité préférée de Louis XVI, activité pour laquelle à la fois travail physique et délicatesse sont requis. Très timide, il aimait beaucoup se retirer dans son établi en compagnie de Gamain, ancien soldat des Gardes françaises devenu maître serrurier, qui lui prodiguait de nombreux conseils. Pendant des heures, il s’attelait donc au travail et fabriquait des clefs, des serrures et des cadenas. Tout son outillage est de qualité : il lui vient de Louis XV, son grand-père. Beaucoup de personnes à la cour se moquent pourtant de lui, jugeant cette activité beaucoup trop “populaire” pour un roi.

Cette passion est relayée par l’historien Joseph Weber, dans son ouvrage Mémoires de Weber concernant Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche et reine de France et de Navarre, dans la collection des Mémoires relatifs à la Révolution française : « Le roi aimait beaucoup la mécanique, et son ouvrage de récréation était la serrurerie. Le corps des serruriers de Versailles vint, dans cette occasion, lui faire hommage de ce qu’on appelle un chef-d’œuvre. C’était une serrure à secret. Le roi voulut qu’on le laissât trouver le secret à lui seul. Il le trouva en effet ; mais dans l’instant où il fit jouer le ressort, il s’élança du milieu de la serrure un dauphin d’acier admirablement travaillé. Le roi fut enchanté. Il disait, en riant et en pleurant tout à la fois, que le cadeau de ces bonnes gens lui faisait un plaisir extrême, et il leur donna lui-même une large gratification. »

Mais Gamain, le maître serrurier dont nous avons parlé plus tôt, abandonne le roi en 1792. Après que les révolutionnaires ont pris les Tuileries (lieu de résidence de Louis XVI à Paris), Gamain trahit le roi et leur montre une armoire de fer qu’il a aidé à réaliser et dans laquelle le roi conserve des documents confidentiels. Ces documents seront à l’origine de l’incrimination de Louis XVI lors de son procès, et serviront à sa condamnation à mort. On appelle cela « L’affaire de l’armoire de fer ou la trahison du serrurier François Gamain ».

1
COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
1 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
1 Auteurs du commentaire
athena Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
athena
Invité
athena

Passion de la serrurerie ainsi que de l’horlogerie