
À l’évocation du terme « venimeux », on pense le plus souvent aux serpents ou aux arachnides. Pourtant, plusieurs mammifères utilisent également ce type de défense, notamment l’ornithorynque, certaines musaraignes et les loris lents.
Des primates plutôt atypiques
On observe essentiellement les réprésentants du genre Nycticebus dans les forêts d’Asie du Sud-Est. Mesurant entre 20 et 40 centimètres de long, ces primates nocturnes, se nourrissant d’insectes et d’autres petites créatures, se distinguent par les yeux plutôt massifs, et leurs puissantes morsures venimeuses, capables d’atteindre l’os.
Les loris lents obtiennent ces toxines en léchant un liquide huileux sécrété par leurs glandes brachiales, au niveau des aisselles. Une fois mélangé à leur salive, il forme un venin puissant qui remplit les fines rainures de leurs canines.
Alors que la plupart des créatures produisant ce type de substance l’utilisent contre leurs prédateurs ou pour immobiliser leurs proies, les loris lents n’hésitent pas à mordre leurs congénères. Une étude menée en 2020 à Java avait révélé qu’environ 20 % des 82 spécimens examinés présentaient les stigmates de morsures venimeuses.
« Cet usage compétitif et intraspécifique, intervenant chez l’un de nos plus proches parents primates, est remarquablement rare au sein du règne animal », soulignaient à l’époque ses auteurs.
Une morsure potentiellement mortelle pour les humains
Il s’avère que les loris lents peuvent également s’en prendre aux humains. Leurs morsures provoquent une sensation de brûlure aiguë et peuvent entrainer infections et lésions cutanées ou nerveuses lorsqu’elles ne sont pas traitées rapidement.
En 2024, un homme d’une trentaine d’années vivant à Bornéo (Indonésie) et sans antécédents allergiques avait fait un grave choc anaphylactique suite à la morsure d’un spécimen sauvage. Admis dans un hôpital de la région, il souffrait de nausées, d’éruptions cutanées et d’essoufflement.
Quelques années plus tôt, un scénario similaire s’était produit au Japon, où il est possible de posséder ces animaux exotiques (très prisés sur le marché noir) avec un permis approprié. Dans ce cas, il s’agissait d’une femme de 37 ans, mordue par son loris lent domestique.
Au cas où vous l’ignoriez, il existe également des oiseaux toxiques.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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