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Grâce à la combinaison de techniques avancées, une équipe internationale de chercheurs a récemment pu déplier virtuellement une lettre scellée, ayant été rédigée il y a plusieurs siècles.

« Nous avons passé l’Histoire aux rayons X »

Le papier se révélant rare et cher au 17e siècle, la plupart des lettres n’étaient pas glissées dans des enveloppes, mais pliées selon une méthode complexe, avant d’être scellées et postées. En utilisant la microtomographie à rayons X, qui avait précédemment permis de déballer des momies d’animaux en 3D, et de puissants algorithmes, les scientifiques de la Queen Mary University de Londres et du MIT ont pu scanner la missive et la reconstituer sans avoir à l’ouvrir physiquement.

Publiée dans la revue Nature Communications, l’étude révèle que la lettre avait été postée à Lille le 31 juillet 1697 par Jacques Sennacques, et était destinée à son cousin Pierre le Pers, un marchand français de La Haye. Dans celle-ci, Sennacques demandait une copie certifiée conforme de l’avis de décès de leur parent, Daniel le Pers. Mais le document n’a jamais été remis à son destinataire et s’est finalement retrouvé avec d’autres lettres perdues dans une malle appartenant à un maître de poste nommé Simon de Brienne.

La malle de Brienne renferme 2 600 lettres provenant des quatre coins de l’Europe — © Courtesy of the Unlocking History Research Group archive

Léguée à un musée postal en 1926, la malle ainsi que son contenu (incluant 577 lettres scellées) n’ont commencé à être étudiés qu’il y a une dizaine d’années par les membres du groupe de recherche « Unlocking History ».

« Nous avons passé l’Histoire aux rayons X », estime David Mills, auteur principal de l’étude. « La technique d’imagerie employée est similaire à celle des scanners médicaux, mais utilise des rayons X beaucoup plus intenses qui permettent de mettre en évidence les infimes traces de métal dans l’encre utilisée pour écrire ces lettres. Le reste de l’équipe s’est ensuite appuyé sur les scans générés pour reconstituer ces missives vieilles de 300 ans, qu’ils ont pu ouvrir virtuellement et lire pour la première fois. »

À partir des scans, l’équipe a créé des reconstructions numériques en 3D des lettres, puis a utilisé un algorithme de calcul qui a déchiffré les techniques sophistiquées de pliage, pli par pli, pour les ouvrir virtuellement — © Courtesy of the Unlocking History Research Group archive

Ci-dessous, le contenu de la lettre :

Monsieur et cousin,

Il y a quelques semaines que je vous ai écrit pour vous prier de me faire avoir un extrait légalisé de la mort du sieur Daniel le Pers, arrivée à La Haye au mois de décembre 1695 sans que [trou dans la lettre] de vos nouvelles, c’est le [trou dans la lettre] je vous fais cette seconde pour vous renouveler la peine que j’ai prise pour vous. Il m’est important d’avoir cet extrait et vous me feriez plaisir de me le faire procurer et de m’envoyer en même temps des nouvelles de votre santé et de tous les parents. Et aussi que je prie l’Éternel de vous continuer dans ses saintes grâces et de vous combler des bénédictions nécessaires de votre salut. Rien d’autre pour le présent sinon que je vous prie de croire que je suis parfaitement, monsieur et cousin, votre très humble et très obéissant serviteur.

Jacques Sennacques

Je vous prie d’adresser votre réponse à M. Sennacques, conseiller du Roy au bailliage de Lille, rue St Etienne à Lille. A Lille, le 31 juillet 1697.

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Heureusement que l’obséquieusité de mise à l’époque a considérablement maigrie.

Myronvem
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Myronvem

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