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Le quagga, cet équidé singulier chassé jusqu’à l’extinction au XIXe siècle

Des chercheurs tentent aujourd’hui de le « ramener à la vie »

Si l’Afrique du Sud est aujourd’hui connue pour abriter d’importantes populations de zèbres, il y a un peu moins de 150 ans, une sous-espèce à la robe bigarrée pouvait encore y être aperçue : le quagga.

Destin tragique

Autrefois prospère, le quagga était reconnaissable à ses larges rayures sombres au niveau de la tête, du cou et de la crinière. S’estompant progressivement à partir des épaules, elles lui donnaient l’apparence d’une créature mi-zèbre mi-cheval.

Accusé de ravager les cultures et intensément chassé pour sa viande et sa peau, ce grand herbivore au gabarit typique des zèbres typique a vu ses populations s’effondrer dramatiquement au cours du XIXe siècle. On estime que le dernier quagga sauvage a été abattu à la toute fin des années 1870, tandis que l’ultime spécimen en captivité est mort le 12 août 1883 au zoo Artis d’Amsterdam.

Alors que cet équidé africain était considéré depuis la fin du XVIIIe siècle comme une espèce distincte, en 1984, l’analyse du matériel génétique provenant d’un spécimen de musée a révélé qu’il s’agissait en fait d’une sous-espèce de zèbre des plaines (Equus quagga), nommée Equus quagga quagga. Ce séquençage a également constitué le premier jamais réalisé pour un animal éteint.

Des travaux plus récents, ayant impliqué la comparaison d’échantillons d’ADN de huit spécimens de quagga à ceux des zèbres des plaines, ont révélé une diversité génétique remarquablement faible chez le premier, s’étant par ailleurs séparé du zèbre des plaines il y a environ 140 000 ans.

Faire renaître le quagga

Lancé à la fin des années 1980 par le taxidermiste allemand Reinhold Rau, le Quagga Project entend ramener Equus quagga quagga à la vie via l’élevage sélectif.

Concrètement, des croisements successifs sont destinés, à l’échelle de générations, à estomper les rayures à partir du cou, à empêcher leur extension jusqu’à la section ventrale médiane, et également introduire une robe alezan au niveau des parties supérieures du corps et du museau, et blanche pour les pattes et la queue. Bien qu’il reste encore du chemin à parcourir, des poulains présentant certains de ces traits ont déjà vu le jour.

« Ce projet vise à corriger une erreur tragique commise il y a plus d’un siècle, motivée par la cupidité et illustrant un manque clair de vision à long terme », explique le site. « Idéalement, des troupeaux présentant le phénotype historique du quagga pourraient un jour à nouveau fouler les plaines du Karoo. »

Au cas où vous vous posiez la question, voici pourquoi les zèbres n’ont jamais été domestiqués.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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