Ce village d’irréductibles bretons est sur le point d’atteindre l’autonomie alimentaire

Dans le village de Langouët en Bretagne, les habitants sont dans une approche écologique de l’avenir. La prochaine étape pour cette commune : atteindre l’autonomie alimentaire. Pour mener à bien cette mission, des maisons avec des potagers en permaculture seront bientôt construites.

 

Un défi d’autonomie alimentaire

Langouët compte 600 habitants. De nouveaux logements vont être construits avec des potagers en permaculture. Ils imiteront une écologie naturelle, et laisseront une place importante à la nature. Des futurs logements écologiques qui ne seront vendus à un prix excessif : c’est en tout la volonté du maire Daniel Cueff, qui voit dans ce projet un futur plus sain.

« Le but est de relocaliser la production alimentaire, et de permettre aux habitants de consommer des produits sains » indique-t-il. Une expérimentation est mise en place dans le village, avec le prototype de maison « BioclimHouse ». L’habitation est faite en matériaux durables et est entièrement autonomie en énergie. Et sur le toit de celle-ci se trouve une serre vouée à la permaculture.

L’idée de la construction de maisons-potagers sort tout droit de la tête d’architectes et d’ingénieurs. Les premiers résultats de « BioclimHouse » doivent avoir lieu au printemps. Ce n’est pas la première action écologique de la ville de Langouët. Depuis quelques années, le maire veille à ce que souffle sur son village un vent écologique.

Langouët, un village écolo en avance

En 1980, Daniel Cueff fait partie des personnes contre la centrale nucléaire de Plogloff. Presque 20 ans plus tard, il devient maire de Langouët, et s’engage à respecter l’environnement. Ce vaillant défenseur de la nature y voit un intérêt bien particulier : « Mon expérience m’a montré qu’un environnement dégradé génère de la violence sociale. »

Les produits phytosanitaires sont exclus du village. En 2004, la cantine de l’école est 100 % bio. L’installation de panneaux solaires donnent une production de 125 % de l’énergie consommée. « Désormais, notre objectif n’est plus seulement de préserver l’environnement mais de l’impacter positivement » affirme Daniel Cueff.

Les actes écolos de ce village ne passent pas inaperçus. Langouët s’est ainsi retrouvé dans le documentaire sorti en janvier 2018 « Zéro phyto 100 % Bio ». Mais ce n’est pas toujours facile d’adopter un comportement raisonnable avec l’environnement. Certains projets peuvent se révéler coûteux, et les banques ne sont pas toujours d’un grand soutien.

Des habitants unis pour les projets écologiques

Certains projets de la commune ne reçoivent plus de soutien financier de la part des banques. La commune s’est donc tournée vers ses habitants pour l’obtention d’un montant de 25 000 euros. Cet argent doit servir à la création d’une ferme rurale pédagogique. En 48 heures l’objectif était atteint.

Une solidarité qui s’adresse aussi aux prochains arrivants, peu habitués à la nature : « Les citadins qui viennent s’installer à la campagne ont une image très idéalisée de la nature. Ils ne savent pas comment cultiver un potager et risquent de baisser les bras. Nous allons nous appuyer sur des villageois expérimentés pour partager les savoir-faire » explique le maire de Langouët.

Si tout ce travail semble utopique, il est pourtant nécessaire pour préserver la nature. Langouët ne souhaite pas se renfermer sur lui-même avec les maisons-potagers. Bien au contraire : la culture de fruits et légumes bios pourrait voyager jusqu’à la métropole de Rennes, non loin du village pour ne pas « s’enfermer dans une bulle ».


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