L’accélérateur suborbital — © SpinLaunch

Si nous envoyons des engins et des humains dans l’espace à l’aide de fusées depuis des décennies, la start-up SpinLaunch a récemment dévoilé le premier système de lancement spatial cinétique au monde.

Des lancements orbitaux sans fusée

L’idée d’effectuer des lancements orbitaux sans fusée a été explorée par le passé dans le cadre de projets de recherche très ambitieux, tels qu’une initiative conjointe des États-Unis et du Canada connue sous le nom de « Projet Harp » dans les années 1960, qui visait à lancer des projectiles en orbite à l’aide d’un canon spatial massif. Cette conception a également servi de base au projet Babylon du président irakien Saddam Hussein, abandonné suite à l’assassinat de son ingénieur en chef.

SpinLaunch développe son système de lancement alternatif depuis 2015, imaginant un avenir où les satellites et les engins spatiaux pourront quitter l’atmosphère terrestre en générant une quantité minimale de gaz à effet de serre. Elle vise à atteindre cet objectif à l’aide d’un accélérateur géant alimenté par un moteur électrique qui, selon elle, pourrait diviser par quatre la consommation de carburant et par dix les coûts par rapport aux lancements de fusées traditionnelles, tout en mettant en orbite de multiples charges utiles chaque jour.

Dans un premier temps, la société poursuit ces ambitions grâce à son accélérateur suborbital. Une chambre à vide en forme de disque vertical, légèrement plus haute que la statue de la Liberté, qui utilise un câble en fibre de carbone pour propulser un projectile à des vitesses allant jusqu’à 8 047 km/h, soit plusieurs fois la vitesse du son, avant de le libérer dans un tube de lancement et de le faire monter dans l’atmosphère.

Le L100 Orbital Mass Accelerator est conçu pour mettre en orbite des satellites de 200 kg — © SpinLaunch

Reposant sur une approche similaire, un système plus grand (le L100 Orbital Mass Accelerator) est en cours de développement et vise à lancer des satellites pesant jusqu’à 200 kg. Selon SpinLaunch, les progrès réalisés dans le domaine de l’électronique, qui permettent d’utiliser des condensateurs, des puces et des résistances relativement petits, permettent de renforcer ces composants pour qu’ils puissent résister aux 10 000 G de la chambre de lancement à rotation rapide, et ses essais ont prouvé que les systèmes de satellites sont capables de supporter de telles contraintes.

Un premier vol d’essai réussi

Bien qu’il reste de nombreux obstacles à surmonter avant de pouvoir envisager des lancements spatiaux sans fusée, SpinLaunch a franchi une étape importante le mois dernier, avec un premier vol d’essai réussi depuis sa base au Nouveau-Mexique. Celui-ci a impliqué son accélérateur suborbital, qui a lancé un engin-prototype (ayant par la suite été récupéré pour être réutilisé), à des vitesses supersoniques.

La société prévoit d’effectuer d’autres vols d’essai tout au long de l’année 2022 avec différents appareils et à différentes vitesses, et pourrait effectuer ses premiers lancements commerciaux dès fin 2024.

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Stan
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Stan

Pas du tout. Ils ont testé leur prototype a une vitesse inférieure à celle du son.. ça n’a rien à voir avec un  » test de lancement spatial par centrifugeuse . »