― Awanish Tirkey / Shutterstock.com

Certains lacs regorgent de mystères. C’est le cas du lac Roopkund, un lac glaciaire de l’Himalaya situé dans le district de Chamoli de la province d’Uttarakhand en Inde. Suscitant la curiosité des scientifiques et touristes, plusieurs centaines d’ossements humains dont les circonstances des décès restent à clarifier se trouvent dans ses profondeurs et sur ses rives.

Un lac isolé à 5 000 mètres d’altitude

Le lac Roopkund abrite des centaines de squelettes. Ce mystérieux point d’eau se trouve à 5 000 mètres d’altitude dans l’Himalaya. Il faut compter environ quatre ou cinq jours de marche depuis le village le plus proche pour y accéder. Les ossements humains qui s’y trouvent ont été découverts par un garde forestier en 1942. L’on croyait initialement que ces derniers appartenaient à des soldats japonais malchanceux. Cependant, des ossements de femmes et d’enfants ont également été retrouvés sur les lieux.

D’après la légende locale, le lac Roopkund se trouverait sur un sentier de pèlerinage pour Nanda Devi, une manifestation de la déesse Parvati. Un roi éloigné se serait attiré les foudres de cette dernière. Pour le punir, la déesse aurait déclenché la sécheresse dans son royaume. Pour apaiser sa colère, le roi partit pour un pèlerinage qui le conduisit devant Roopkund. Il fit malheureusement l’erreur d’emmener des danseurs et des musiciens, ce qui redoubla la colère de Parvati. Elle provoqua alors une terrible tempête de grêle qui aurait tué le groupe entier.

— Bhaskaran Iyer / Shutterstock.com

Plusieurs hypothèses avancées au fil des années

Au fil des années, plusieurs hypothèses sur les origines de ces ossements humains ont été avancées. L’on pensait tout d’abord qu’il pourrait s’agir d’un lieu de sacrifice rituel ou bien d’un lieu où l’on a abandonné les restes d’un peuple victime d’une épidémie mortelle pour éviter de nouvelles contagions. Les objets trouvés autour des ossements nous laissent toutefois croire qu’il s’agit tout simplement de pèlerins coincés dans la tempête.

Cependant, lors d’une analyse génétique des os il y a deux ans, les chercheurs ont découvert qu’au moins quatorze squelettes appartenaient à des populations modernes de la Méditerranée orientale. Ces personnes seraient décédées autour des années 1800 alors que les autres ossements datent des années 800. Les chercheurs pensent donc qu’il est plus probable qu’il s’agisse de victimes piégées dans la tempête qui auraient chuté vers le lac. Mais que faisaient des Méditerranéens dans cette région reculée vers 1800 ? Les scientifiques indiquent qu’il est possible que ces personnes ne soient pas directement originaires de la Méditerranée orientale, étant donné que les migrations ont été nombreuses au cours des 200 dernières années. Il pourrait ainsi s’agir d’une population isolée d’Asie centrale.

Mais une fois encore, certains indices réfutent cette possibilité. Le régime alimentaire du groupe ne correspond notamment pas avec celui de cette région. Il montre que ces inconnus voyageaient plutôt à l’intérieur des terres qu’en mer. Le mystère reste donc entier.

COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de