© Mertie . / Flickr

Connaissez-vous le peuple Gunditjmara ? Il s’agit d’un groupe d’indigènes d’Australie issu de l’ouest de l’État de Victoria, en Australie. Chez ce peuple autochtone se transmet une vieille légende au fil des générations. Et, si les experts s’accordent sur leurs recherches basées sur les dernières techniques de datation et les objets trouvés sur les lieux, il pourrait s’agir de la plus vieille légende orale existante au monde.

Voici la légende. Il y a très longtemps, quatre géants sont partis explorer l’île-continent qu’est l’Australie à l’exception d’un géant qui a choisi de rester sur place, où il s’est transformé en volcan. La légende orale raconte qu’il aurait craché ses dents, des roches formées de lave. Ce volcan porterait aujourd’hui le nom de Budj Bim. Il se trouve à l’ouest de Melbourne, dans l’État de Victoria.

Est-ce vraiment qu’une légende ?

Vous avez sans doute déjà entendu dire que les légendes ont presque toutes un fond de vérité ou du moins, un fondement réel ? Eh bien, des chercheurs de l’université de Melbourne ont entrepris de percer à jour le mystère de Budj Bim. Dans leur recherche parue dans Geology, les scientifiques ont analysé les roches volcaniques issues de Budj Bim et d’un autre volcan situé à 40 km de lui, dénommé Tower Hill.

Grâce à une technique appelée datation argon-argon, les scientifiques ont pu établir que les deux volcans se sont formés il y a environ 37 000 ans, après une rapide série d’éruptions. Toutefois, la question qui se pose est : des êtres humains avaient-ils déjà habité la région en ce temps-là ?

Des humains auraient pu déjà exister il y a plus de 30 000 ans

Pour répondre à cette question, Eric Matchan, géologue et chercheur principal de l’étude, mentionne que dans les années 1940, des archéologues ont découvert une hache en pierre près du volcan Tower Hill. Cette hache, surnommée hache Bushfield, avait été enfouie sous les roches volcaniques, ce qui sous-entendrait que des êtres humains avaient vécu dans la région avant l’éruption.

Les résultats de la datation des roches volcaniques issues de Tower Hill et de Budj Bim ont également révélé qu’elles pourraient dater d’il y a 36 800 ans pour le Tower Hill et de 36 900 ans pour le Budj Bim. Autrement dit, les éruptions volcaniques ont eu lieu à un intervalle assez proche tandis que la présence de la hache suggère que des humains habitaient déjà la région australienne à cette époque.

Erin Matchan et son collègue et co-auteur de l’étude, le professeur David Phillips, affirment d’ailleurs dans un communiqué que « l’âge du Tower Hill, associé à celui de la hache, représente l’âge minimum de la présence humaine à Victoria« .

La véracité de la légende reste à prouver

Eric Matchan et David Phillips affirment, dans des propos rapportés par Science Alert, que « les traditions orales des peuples aborigènes d’Australie ont permis de perpétuer les connaissances écologiques sur plusieurs générations, fournissant une précieuse ressource d’informations archéologiques. Certaines traditions survivantes semblent faire référence à des événements géologiques tels que les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et les impacts de météorites, et il a été proposé que certaines de ces traditions puissent avoir été transmises pendant des milliers d’années. »

Quant à l’hypothèse que la légende orale des Gunditjmara puisse être la plus vieille histoire au monde, les scientifiques déclarent tout simplement que « si les aspects des traditions orales relatives à Budj Bim ou à ses reliefs de lave environnants reflètent une activité volcanique, cela pourrait être interprété comme une preuve de leur appartenance à l’une des plus anciennes traditions orales existantes ». Toutefois, ils soulignent qu’ils ne prétendent pas que la légende du peuple Gunditjmara soit vraie ni qu’elle soit si ancienne.

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