Dans une récente déclaration, l’Association américaine de psychologie (APA) a précisé que, malgré les suggestions populaires et politiques contraires, « il n’existait pas suffisamment de preuves scientifiques pour soutenir un lien de causalité entre jeux vidéo violents et comportements violents ».

L’APA distingue agressivité et violence

Cette nouvelle résolution constitue une mise à jour de la précédente, publiée en 2015, qui affirmait qu’il existait un lien réel « entre jeux vidéo violents et agressivité ». Selon l’APA, augmentation des niveaux d’agressivité et violence réelle ne doivent pas être liés, « en dépit du fait que de nombreux médias et politiques » aient considéré cette précédente résolution « comme preuve que les jeux vidéo violents étaient la cause de comportements violents, y compris les fusillades de masse ».

Les nouvelles orientations de l’APA s’appuient sur de multiples méta-analyses couvrant plus de deux décennies d’études abordant le lien entre jeux vidéo et violence sous de multiples angles. Si les psychologues notent un lien causal faible mais fiable entre l’exposition aux jeux vidéo violents et les comportements agressifs (insultes, menaces…), ils déplorent le fait que de nombreuses études et articles de presse aient tendance à utiliser les termes « agression » et « violence » de manière interchangeable.

« Toute violence, y compris la violence mortelle, représente une agression, mais l’ensemble des formes d’agressions ne peuvent pas être nécessairement considérées comme de la violence », précise notamment la résolution de l’APA.

— Dean Drobot / Shutterstock.com

« Attribuer ce type d’actes à la pratique du jeu vidéo n’est pas scientifiquement fondé »

Ainsi, le fait de considérer les jeux vidéo violents comme une cause principale des tueries de masse constitue une façon de détourner l’attention des causes mieux établies (port d’arme, environnement violent, harcèlement…). « La violence est un problème social complexe qui découle de nombreux facteurs méritant l’attention des chercheurs, des politiques et du public », déclare Sandra Shullman, présidente de l’APA. « Attribuer ce type d’actes à la pratique du jeu vidéo n’est pas scientifiquement fondé », poursuit-elle.

« À ce stade, les recherches sont claires. Les jeux violents et autres médias apparentés ne constituent pas une cause, même partielle, de comportement criminel », estime de son côté Chris Ferguson, professeur de psychologie à l’université Stetson.

La résolution de l’APA appelle à la poursuite des recherches sur les effets des jeux vidéo violents, notamment en ce qui concerne « la persistance des effets négatifs dans le temps ». D’autres études sont également nécessaires afin de déterminer si le sexe ou le milieu social ont une incidence sur l’ampleur des effets observés pour ce type de jeux. L’association encourage également l’ESRB, organisme de classification des jeux vidéo, à revoir ses méthodes de notation afin de « refléter les niveaux et les caractéristiques de la violence dans les jeux ».

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