pieuvre
Image d’illustration — Vikks / Shutterstock.com

Des scientifiques américains ont récemment décrit la plus grande pouponnière de pieuvres connue. Située au large des côtes californiennes, celle-ci recense des milliers de spécimens.

Sous l’océan

Si cette gigantesque nurserie sous-marine avait été initialement identifiée en 2018, une équipe de l’Institut de recherche de l’aquarium de la baie de Monterey a récemment obtenu un aperçu sans précédent de ses caractéristiques. Leurs travaux ont impliqué la mesure de la température et des niveaux d’oxygène de l’eau, et la prise de clichés et vidéos haute résolution à l’aide d’un submersible téléguidé.

L’observation de quelque 4 707 femelles de Muusoctopus robustus en train de nicher dans une zone de 2,5 hectares suggère que la pouponnière, située sur le flanc du mont sous-marin Davidson, à environ 3 200 mètres sous la surface du Pacifique, abriterait une population totale de 20 000 céphalopodes.

À de telles profondeurs, les températures peuvent descendre jusqu’à 1,6 °C, ce qui a un impact significatif sur le processus de reproduction, avec des périodes de couvaison 4 à 33 fois plus longues que celles des espèces vivant dans des eaux à 10 °C. Toutefois, dans ce cas, la proximité de cheminées hydrothermales a permis de faire passer ce délai, habituellement compris entre cinq et huit ans pour Muusoctopus robustus, à deux ans seulement.

« Pour ces pieuvres, la reproduction peut durer plusieurs années et les eaux froides sont connues pour allonger cette durée en ralentissant leur métabolisme et le développement des embryons », détaille l’équipe. « En revanche, si les créatures peuvent se réchauffer, le processus de reproduction s’accélère, ce qui réduit le risque de prédation ou de lésions pour la progéniture à naître. »

Vie et mort

Si de telles conditions s’avèrent propices à la reproduction des pieuvres, il s’avère que l’endroit constitue également l’ultime lieu de repos des femelles : « Elles viennent ici pour s’accoupler, nicher et mourir », souligne le scientifique Jim Barry.

Selon lui, une meilleure compréhension des écosystèmes des grands fonds s’avère indispensable pour les protéger des effets du changement climatique, de la pêche et l’exploitation minière.

Il ne s’agit pas de la seule découverte d’envergure réalisée dans les profondeurs des océans. Récemment, des chercheurs ont observé un monde caché rempli de créatures étranges sous le plancher océanique, ainsi qu’un volcan sous-marin actif couvert de milliers d’oeufs géants.

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